Edition: la diffusion des ouvrages

Bête noire des éditeurs, la diffusion demeure l’élément-clé de la réussite d’un livre. Le meilleur roman du monde ne se vendra pas s’il n’est pas bien diffusé. Voici donc quelques éclaircissements sur ce maillon essentiel de la chaîne du livre.

Diffuseur, c’est quoi?

Un diffuseur est un organisme qui va se charger de promouvoir les livres auprès des différents revendeurs. En somme, c’est lui qui va proposer et mettre en avant votre ouvrage chez le libraire, dans le centre culturel le plus proche ou sur internet.
Il travaille souvent de concert avec un distributeur, celui qui se chargera d’approvisionner les marchands et de stocker les livres.

Comment procède le diffuseur?

L’organisme chargé de la mise en place de votre livre travaille avec des commerciaux. Leur nombre varie énormément selon la taille de la structure et l’ampleur du catalogue des éditeurs avec qui ils collaborent.
Le diffuseur et l’éditeur vont donc définir une stratégie pour placer leurs livres dans les librairies. Le commercial se chargera ensuite d’effectuer le travail de terrain en passant d’un libraire à l’autre, espérant que ce dernier passera commande de ses ouvrages.

Pourquoi est-ce le point noir?

Tout simplement parce que près de 100000 nouveaux titres paraissent chaque année en France et que les commerciaux n’ont pas le temps de lire les livres. Ils font donc la promotion d’ouvrages qu’ils ne connaissent pas. Les plus gros titres se vendent alors très facilement. Les gros éditeurs parisiens comme Gallimard, Albin Michel et tous les autres trouvent facilement leur place dans les vitrines tandis que les autres doivent redoubler d’efforts pour se faire une place dans cette oligarchie littéraire qui dicte sa loi depuis des décennies.
C’est pourquoi il ne faut pas croire qu’être publié chez un éditeur traditionnel placera automatiquement votre livre en librairie, même si votre roman est jugé excellent.

D’où vient le problème?

De la masse! Les maisons d’édition, et j’entends pas là les propriétaires des grands groupes auxquels elles appartiennent, veulent toujours plus d’argent. C’est le principe du capitalisme. Alors il a fallu augmenter la production et publier un volume de livre toujours plus important pour remplir les espaces des librairies. Le nombre des auteurs augmentent, mais les tirages diminuent. Du coup, on trouve de tout et les libraires peinent à s’y retrouver dans cet amoncellement de livres qu’ils reçoivent automatiquement de certains diffuseurs. Leur choix se porte d’ailleurs très souvent sur les grands noms que les critiques ont mis en avant sans même lire l’ouvrage. Au final, le métier de libraire s’effrite peu à peu vers celui de marchand de livre et ces commerçants se rapprochent doucement de leur ennemi numéro un Amazon. C’est ironique, n’est-ce pas?
Il existe encore de véritables libraires, ceux qui fouillent et vous dénichent une pépite. Mais demandez-vous ce que vous apportent les autres, ceux qui, à l’heure du web 2.0, ont la même vitrine qu’Amazon ou La Fnac.

La diffusion est donc le talon d’Achille de l’édition et sans une concertation des éditeurs pour trouver une évolution autre que celle habilement mise en place par le géant de Seattle, l’avenir du livre demeurera stable, mais incertain.

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