Autoédition: s’autoéditer en 14 points

Ayant la double casquette auteur édité et autoédité, je vais vous expliquer le processus qui permettra à votre ouvrage de s’affranchir des clichés des auteurs indépendant. Voici donc une liste de 14 points que je développe sur le thème de l’autoédition.

1. Se fixer un objectif

Tout d’abord, il convient de vous fixer un but précis quant à votre envie de vous autoéditer. Si vous cherchez à obtenir un revenu, même modeste, je vous conseille de vous armer de patience et d’une gargantuesque dose d’optimisme. Lorsque des sites parlent d’auteur autoédités qui vivent de leurs écrits, ce sont toujours les (ou le) mêmes noms qui reviennent, car ils sont rares. Si par contre votre objectif est de vous faire un complément de revenus, c’est tout à fait possible.Si vous souhaitez simplement voir votre livre publié et lu par quelques acheteurs par pur principe, c’est certainement la meilleure solution.

2. Corriger son livre

Le gros défaut de l’autoédition est la correction. Même après plusieurs relectures, il peut  rester des fautes (souvent de frappe), car il est très difficile de corriger son propre roman. Un auteur connaît son histoire et a tendance à survoler ou décrocher. Certains écrivains ne relisent même pas leur livre avant de le poster et le résultat s’en ressent immédiatement.La correction est une technique particulière et il ne suffit pas d’être doué en Français.

Une bonne première étape est de se munir du logiciel Antidote, excellent correcteur qui dégrossira déjà bien le travail (il est payant, mais l’investissement vaut le coup). Cette partie vous demandera beaucoup de temps à vous et vos proches. Comptez entre un et deux mois minimum pour un bon résultat.

Ne prenez donc pas à la légère cette étape, elle est primordiale pour ceux qui désirent ne pas se moquer des lecteurs.

3. La bêta-lecture

Il existe plusieurs méthodes. J’ai parcouru de nombreux forums et rares sont ceux qui offrent une lecture complète de votre roman. La plupart des membres liront quelques chapitres au mieux et passeront à autre chose. Il existe néanmoins une association nommée Cocyclics qui possède un forum et dont le but est la bêta-lecture. Vous lisez et on vous lit. Cela peut être une bonne alternative. L’autre solution est de faire lire son livre aux proches. Attention ! Leur jugement sera nécessairement altéré. Votre père, frère et meilleure amie se détacheront difficilement même s’ils pensent être objectifs. L’idéal est de trouver une bibliothécaire ou un libraire.

Ne négligez pas cette étape, car l’investissement que vous aurez mis dans votre livre vous figera sur sa lecture et vous prendrez alors difficilement du recul.

4. La couverture

Encore une fois, c’est à vous de vous y coller. Si vous avez quelques talents de dessinateurs ou de graphisme, vous devriez vous en sortir avec un logiciel de retouche (Gimp, photoshop, paintshop…). Il faudra bien réfléchir à cette étape, car la couverture est la première chose que le lecteur verra de votre livre.Obtenir un résultat qui ne fera pas amateur aux côtés des autres couvertures vous demandera du temps et des efforts. Vos premières couvertures vous sembleront superbes jusqu’à ce qu’on vous dise que…non. Recommencez encore et encore jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant.

Si vous souhaitez vendre votre livre au format broché sur Amazon (site de vente incontournable pour les autoédités), vous devrez calculez au pouce près (les Américains n’aiment pas le système métrique) la dimension de votre couverture complète (couverture, dos et quatrième).

Pensez à l’échange de bons procédés. Dans les écoles de graphisme, des étudiants seront peut-être motivés par votre projet et seront heureux de vous aider. Vous notez leur nom dans les remerciements et c’est parti !

Il vous est également possible d’acheter une couverture toute faite sur le site The Book cover designer.

5. Le quatrième de couverture

On se retrouve un peu dans la même situation que précédemment. Vous pensez avoir un super résumé qui va déchirer…et vous vous rendez compte qu’il ne colle pas au roman et qu’il fait « clicher ».
Personnellement, j’ai vite abandonné sa rédaction et c’est une autre auteure et photographe (Fanny Baubinnec) qui s’en est chargée pour l’essentiel.

6. Le statut d’auteur : se déclarer

Oui, je sais ! Il va falloir payer des charges ou impôts et ça énerve. Encore une fois, on garde son calme. On râle toujours parce qu’on paie trop d’impôts, mais n’oubliez pas que dans la plupart des autres pays du monde, il faut prendre une assurance extrêmement chère pour se faire soigner, payer encore plus cher pour envoyer ses gosses à l’école ou alors rouler sur des routes complètement défoncées parce que personne ne s’en occupe. On laisse donc de côté notre caractère révolutionnaire de Français et on se concentre sur le statut.
Personnellement, j’ai opté pour l’autoentreprise, car je le connaissais déjà et qu’il était conseillé pour un auteur par de nombreux sites. La comptabilité est simplifiée à l’extrême.On m’a récemment parlé du statut d’artiste libre (en P 0). Je vais vérifier cela prochainement.

7. La mise en ligne

Cette étape est celle de l’arrachage de cheveux. Vous suivez avec précision le format indiqué par Amazon et rien ne colle. La marge est trop large, des sauts de pages apparaissent, les chapitres ne sont pas en haut des pages, le sommaire ne s’affiche pas. Cela prendra un peu de temps, mais ça fonctionnera.Pour éviter toute erreur, suivez les conseils de Jean-Claude Dunyach de chez Bragelonne et télécharger gratuitement ses aides pour la préparation de son livre pour Amazon. Tout y est et c’est presque indispensable.

8. Le lancement

Encore une étape à gérer soi-même et qui demande du doigté. Une bonne solution est de donner une date à vos proches et contact pour le lancement même si votre livre est déjà en ligne quelques jours auparavant. Vous demandez à ceux qui sont intéressés d’aller acheter votre livre tel jour et vous grimperez ainsi dans le top 100 de votre catégorie.
L’autre solution est de faire un lancement avec une journée de gratuité (il faut alors souscrire au KDP select d’Amazon). Utilisez également les réseaux sociaux, forums et blogs pour annoncer votre lancement.

9. La promotion

Comme vous êtes seuls et qu’aucune équipe ne vous soutient, vous devez assurer cette partie vous-même. Le travail d’écriture est achevé et vous rentrez maintenant dans le merveilleux univers du marketing et de la publicité.

Accrochez-vous ! Il y a de nombreux sites sur lesquels s’inscrire pour vous rendre visible. Vous pouvez également contacter les blogs de genre sur la littérature pour qu’ils écrivent un article sur vous. Le problème viendra encore de l’image de l’autoédition. La plupart ne vous répondra même pas considérant que vous êtes sur une voie de garage et donc pas intéressant. C’est malheureux, mais c’est ainsi. L’accès à l’autoédition étant de plus en plus facile, l’image ne s’arrangera pas avec le temps. Ce sera donc à vous de vous démarquer.

Voici une petite liste de base des sites sur lesquels vous pouvez vous inscrire :

 aboutme / linkedin /inlibroveritas / booknode / babelio / livraddict / twitter / facebook

10. La nouvelle gratuite

Avant le lancement de mon roman, j’avais eu la chance de rencontrer l’auteur de polar Fred Godefroy, professionnel du management et du marketing. Il m’avait conseillé d’écrire une nouvelle sur mon univers ou mon roman et de l’offrir en téléchargement libre. J’ai donc écrit Naïar Draka, une nouvelle courte dont l’histoire se situe 300 années avant La Guerre des Élus. Elle a été téléchargée de nombreuses fois et a permis aux lecteurs de se faire une idée sur mon style. Pour cela, j’ai utilisé le site Calameo sur lequel il est possible de diffuser gratuitement en ligne.

11. L’ego de l’auteur

Voilà un problème auquel tout artiste est confronté. Il va falloir encaisser, car même Tolkien a ses détracteurs. Votre statut d’autoédité vous collera immédiatement l’étiquette de l’écrivain qui n’a pas été pris chez un éditeur, ce qui n’est pas forcément la réalité. Certains font ce choix de prime abord. J’ai moi-même les deux casquettes puisque je suis autoédité et publié chez deux éditeurs traditionnels. Quoi qu’il en soit, on vous associera à la masse et les portes se fermeront si vite que vous devrez mettre le pied pour les bloquer.Certaines librairies vous accueilleront à bras ouverts et d’autres vous regarderont de haut, vous expliquant qu’ils ne passent que par des diffuseurs (comme ça ils n’ont pas à lire les livres et conseillent ce qu’on leur conseille…).
Les gros salons ne vous répondront pas ou peu et la presse papier vous recevra si vous savez vous vendre correctement.

12. Les commentaires

Si vous réussissez à vendre un peu, quelques commentaires suivront peut-être. Les bons vous gonfleront à bloc et les mauvais pourront vous énerver ou vous démoraliser. On ne peut pas plaire à tout le monde et il faut donc accepter la critique aussi dure soit-elle. Il faut bien s’y préparer, car certains lecteurs aiment descendre un auteur parce qu’ils en ont tout simplement le pouvoir. Il se peut aussi que leur critique soit justifiée et il est parfois difficile de s’en rendre compte. Tournez-vous alors vers vos bêta-lecteurs pour une précision sur leurs avis.Il faut bien garder à l’esprit que les commentaires Amazon ne reflètent pas forcément la réalité sur l’œuvre. Si je prends mon cas personnel, j’ai remarqué que 4 commentaires ont été inscrits par des proches ou des membres de forums que j’ai fréquentés. Vous voyez où je veux en venir…De même, le commentaire très négatif qui descend en flèche mon livre est étrange et comporte de grosses similitudes avec d’autres commentaires du même genre. Les mêmes mots-clés reviennent pour assassiner le livre. On peut là aussi s’interroger sur les réelles motivations de son auteur.

Il faut donc bien garder à l’esprit que si votre livre vient à se vendre et à grimper et s’installer dans le top 100, vous allez déranger les autres auteurs et notamment les autres autoédités.

13. Le blog

Je crois que c’est l’étape la plus importante. Lorsque j’ai décidé, il y a plus d’un mois, d’arrêter toute promotion sur mon roman (cet aspect n’est pas fait pour moi), Fred Godefroy (toujours lui !) m’a encouragé dans ce sens, mais m’a conseillé de continuer uniquement les articles de mon blog.Force est de constater qu’il avait une fois de plus raison, car je reçois de nombreuses visites et mon roman continue à se vendre (ça baisse malgré tout de temps en temps). Certaines maisons d’édition se sont inscrit et me suivent désormais.

Créez donc un blog (Blogger pour la communauté et la facilité ou alors WordPress pour la liberté et le design) et essayer d’écrire un article par semaine. Ne vous dispersez pas et rester tout de même dans votre univers.

14. Les médias

C’est pour moi le dernier point à traiter soi-même. Aucun service de communication ne les contactera à votre place. Il faut donc vous renseigner sur les médias papier les plus diffuser autour de chez vous. Feuilletez les journaux pour voir quel journaliste signe les articles « portraits », « artistes » ou « personne de la semaine ». Contactez-le et soyez vous-mêmes.
Ça fonctionne réellement et ils sont bien plus ouverts que vous ne le pensez. J’ai déjà eu 4 articles dont 2 pages complètes (en dernière page donc très visible). L’impact sur les visites de mon blog et les ventes était souvent immédiat.Pour les radios, ce sera plus difficile, mais c’est encore faisable. J’ai eu un article sur une radio locale et vais essayer d’en démarcher d’autres. Beaucoup de commerciaux ou d’autres travailleurs écoutent la radio dans leur voiture ou au travail.

Voilà pour les informations que je peux délivrer sur l’autoédition. Il en manque certainement et n’hésitez pas à me faire part de vos remarques. J’essaierai de vous renseigner au mieux.

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