Edition: tirage et volume des ventes

S’il est un point qui demeure sensible dans le milieu de l’édition, c’est bien celui des ventes réelles des livres. C’est un peu comme demander son salaire à quelqu’un qu’on connait à peine. Quel qu’il soit, c’est un peu gênant de répondre.

Déjà, il faut prendre en compte un aspect essentiel des ventes de livres. L’auteur enjolivera presque systématiquement son volume de ventes. Ce n’est pas très sympa pour mes confrères mais c’est malheureusement le constat que j’ai fait depuis quelques années et que j’ai pu vérifier auprès des éditeurs. Par contre, lorsqu’on se connait bien, on joue généralement la carte de la franchise. Je connais donc les véritables ventes de mes plus proches collègues du milieu. Mais ils les dévoileront rarement à un lecteur ou un simple blogueur curieux.

Cette réaction est souvent due aux trop grandes attentes des auteurs quant aux ventes de leurs ouvrages. On y croit, on espère et puis…le verdict tombe en début d’année. Flop! On voulait en vendre 2000 et on en a écoulé seulement 500. Déception, frustration, et on refuse de donner les vrais chiffres par peur du regard des autres. Suis-je un auteur médiocre parce que je n’ai vendu que 300 exemplaires de mon roman? Non! Pas forcément! Il a pu manquer de visibilité, être sorti au mauvais moment, avoir subi les répercussions de l’actualité…tout plein de raisons diverses. Le milieu du livre subit une crise, surtout le roman, et faire son trou dans les 100000 nouveaux titres (tous ouvrages confondus) qui sortent tous les ans relève de l’exploit.

Aujourd’hui, les maisons d’édition font des tirages de plus en plus petits pour minimiser les risques. Moins de perte, moins de stockage, moins de mise au pilon!
Les plus petites structures feront des tirages entre 300 et 500 exemplaires avec retirage au besoin. Les moyennes oscilleront entre 2500 et 5000 selon l’ouvrage alors que les grosses maisons inonderont le marché avec 10000 à 20000 exemplaires. Attention, Albin Michel ou Robert Lafont font aussi des petits tirages. Et j’enlève de cet exemple les auteurs à succès. Ils faussent les chiffres.
Il faut savoir que le tirage moyen, tous éditeurs confondus, est d’environ 5000 exemplaires.

De plus, les imprimeurs sont contraints de s’adapter à la crise, essentiellement provoquée par l’immobilisme des éditeurs eux-mêmes et par les libraires qui pensaient pouvoir prendre éternellement 30% du prix de vente d’un livre (un auteur en touche en moyenne 10%) sans avoir à s’adapter aux nouveaux marchés. A l’instar d’Amazon (qui a dix ans d’avance sur tout le monde) les imprimeurs se sont donc lancés dans l’impression à la demande. Il n’est donc pas rare que certains ouvrages ne voient jamais les étalages des librairies et soient uniquement disponibles sur commande. C’est à mon avis un très bon système.

Concernant le volume des ventes, il est très aléatoire, mais je peux déjà vous donner un petit aperçu de mes propres chiffres.

Lorsque les éditions des montagnes noires ont accepté de publier mon recueil Secrets de guetteurs, l’éditeur réalisa un tirage de 500 exemplaires. Le livre visait un public bien précis et nous avions de minces prétentions. Après deux années, le stock s’est gentiment écoulé et il me reste une dizaine d’ouvrages dans un carton. Les ventes sont cohérentes avec nos attentes.
Lorsque j’ai débuté en 2013 dans l’autoédition, j’ai vendu près de 400 ebook du tome 1 du Sort de Gaia et environ une centaine de livres papier en dépôt-vente sur 4 librairies.
Pour La légende de Kaelig Morvan, les éditions Ouest France ont réalisé un tirage de 2500 exemplaires pour chaque tome. Je devrais recevoir les chiffres des ventes dans les semaines à venir, mais, là encore, j’ai peur d’être déçu, car l’éditeur et moi-même nous sommes réellement investis sur ce projet aussi les chiffres nous sembleront toujours trop faibles…   Jamais content!!!

Je peux également vous dire que les petites structures réalisent parfois de belles ventes, c’est à dire 1500 exemplaires vendus. Pour les plus grosses maisons, 10000 ouvrages écoulés représente déjà un beau résultat. Mais les chiffres sont souvent plus proches des 3000.

Voilà! Gardez bien à l’esprit que ces chiffres sont issus de ma propre expérience et des informations que mes confrères ont accepté de me transmettre. Il ne sont pas des valeurs certifiées. Si vous souhaitez l’exactitude, vous pouvez vous rendre sur le site (payant) Edistat et demander les ventes d’un livre en particulier.

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