Ecrire un roman de science-fiction 04: faut-il une langue commune?

Le problème de la création d’un langage dans un roman interpelle de nombreux auteurs. On apprécie tous l’exotisme que génère une langue étrangère, mais l’exercice s’avère difficile et risqué.

Vous l’aurez déjà compris, je suis partisan de la langue commune.

Un exercice difficile

Ecrire un roman est un exercice très complexe en soi. Passée la période grisante de la préparation, de la création des personnages et de l’écriture des premiers chapitres, on ressent parfois une petite baisse de régime. Aussi, il faut éviter de se surcharger de travail pour se concentrer sur l’essentiel.

Certains auteurs osent le pas de la création d’un langage. Si l’effet est très efficace lors d’une adaptation cinématographique, il l’est nettement moins lors de la lecture d’un roman.

klingonUn langage, c’est avant tout l’histoire d’un peuple. L’étymologie des mots prend sa source dans le vécu et les racines des hommes. De même la prononciation joue un rôle capital. Et là encore, il est très dur de retranscrire les sons dans un roman.

De nos jours, près de 2 milliards de personnes parlent anglais, soit un peu moins de 30% de la population mondiale. L’évolution d’internet et les échanges commerciaux tendent à penser que ce pourcentage ne cessera d’augmenter. Imaginez ce qu’il en sera en 2500 ! Et dans un monde futuriste intergalactique ? Une langue commune sera rapidement mise en place. La cohérence du récit peut donc être préservée dans un roman de SF. Et aucun historien ne viendra vous prouver le contraire…

Pour ceux qui y croient encore !

Certains auteurs n’en démordront pas. Ils veulent plusieurs langages et ont la ferme intention de créer leur propre langue. OK ! C’est tout à leur honneur ! Je m’incline, car j’ai essayé et j’ai échoué, ce qui n’est pas le cas de tous.

Par contre, si vous décidez de vous lancer dans cette difficile aventure, n’allez pas nous pondre un elfique revisité ou un simple copier/coller de notre langue française avec un système de mot pour mot. Le langage suit l’évolution d’un peuple. Il se modifie au fil des siècles, s’adapte à la société, se mue d’une génération à l’autre. Il va donc falloir vous documentez sur l’expression orale et l’histoire des différents peuples pour mieux comprendre la racine de leurs mots. C’est un travail, à mon avis, aussi long que la préparation entière d’un roman. Réfléchissez donc bien avant de vous lancer !
Ceux qui veulent voir une véritable création de langue peuvent lire ces pdf de l’eflique de Tolkien: dictionnaire et conjugaison

La technique entre-deux !

Si vous écrivez de la SF, vous avez forcément vu Star Wars, Men in Black ou Les gardiens de la galaxie. Ces films ont en commun un nombre incalculable de races et d’espèces en tout genre. Pourtant, tout le monde ou presque parle le même langage. D’une planète à l’autre, on se comprend parfaitement. Cependant, l’exotisme est bien présent, car la voix et l’intonation des protagonistes les caractérisent immédiatement. Dans Star Wars, Sebulba et le ferrailleur Watto de Tatooine parlent le même langage, mais avec une élocution sensiblement différente. Ce simple trait suffit à séparer les races.

Dans un roman, certains verbes et adverbes permettent de faire ressentir ce changement au lecteur. Vous trouverez ci-dessous une liste sur les voix. Elle devrait vous aider à trouver le bon ton.


Aristocratique: typique des représentants de la classe sociale supérieure, peut être péjoratif
Basse: le son est faible et difficile à entendre, comme pour un murmure ou se dit d’une voix grave, qui couvre des fréquences basses
Bourrue: grave et rêche
Braillarde: forte et rêche, déplaisante à entendre
Chantante: la voix navigue entre les graves et les aigus d’une façon musicale. Caractérise souvent un accent d’une région particulière
C(r)oassante: une voix basse et rêche, comme quelqu’un qui aurait la gorge irritée ou enflammée
Douce: une voix calme, posée, tendre
Désincarnée: la personne qui parle n’a pas d’enveloppe physique, ou semble ne pas en avoir (malades/mourants)
Enrouée: s’applique le plus souvent aux malades/mourants. Voix grave, rêche, plutôt faible.
Etranglée: la personne qui parle éprouve des difficultés à respirer pour causes physiques ou mentales ou certains ou tous les sons sont commencés, mais pas terminés.
Fragile: sur le point de pleurer
Graveleuse ou Rocailleuse: une voix grave et rugueuse
Grinçante: une voix déplaisante et agaçante, comme un grincement de porte
Gutturale: une voix profonde et grave, le son vient du fond de la gorge
Haut-perchée: une voix très aiguë, peu plaisante à écouter. Convient parfaitement à la niaise de service ou à un enfant.
Modulée: une voix contrôlée, plaisante à entendre
Monotone ou Monocorde: une voix ennuyeuse et peu plaisante à entendre du fait qu’elle ne change pas de ton
Mordante: la voix est un peu trop aiguë ou forte, assez pour mettre légèrement mal-à-l’aise celui qui l’entend
Morte: la personne qui parle ne ressent ou ne montre aucune émotion
Nasale ou Nasillarde: le son semble passer par le nez. « Nasillarde » est plus péjoratif que « Nasal »
Paisible ou Calme ou Tranquille: une voix douce, apaisante
Petite: une petite voix est basse et exprime généralement la honte
Plate: une voix plate n’a pas de musicalité, on peut l’utiliser par exemple pour décrire un accent d’une région particulière
Prosaïque: la personne qui parle maîtrise son sujet… ou pense le maîtriser.
Rauque: grave, rêche, le son est souvent bas. Parfois applicable aux fumeurs. Caractérise généralement une voix sexuellement attirante et mystérieuse
Rêche: une voix rugueuse, âpre. Peut être agréable ou désagréable selon le contexte (il est conseillé de préciser)
Sèche ou Cassante: la personne qui parle est agacée et cherche généralement à mettre fin à la discussion, avoir le dernier mot ou faire des reproches à son interlocuteur
Sifflante: la personne qui parle a des difficultés à respirer (asthme par exemple)
Sonore ou Retentissante: (très) forte et claire
Sotto-voce: expression tirée de l’italien, généralement en italique dans le texte.  Lorsqu’on parle sotto-voce (littéralement « sous la voix »), on parle en fait à mi-voix.
Soufflée ou Haletante: avec d’intenses bruits de respiration
Stentor (de): une voix forte et sévère
Stridente: forte et aiguë, déplaisante à entendre
Tendue: la personne qui parle est nerveuse ou énervée
Trembl(ot)ante ou Chevrotante: se dit d’une voix qui n’est pas stable, pas contrôlée: généralement sous l’effet de l’âge avancé, l’excitation ou l’énervement

 

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