Autoédition: un marche numérique qui stagne

Il y a cinq ans, le livre numérique faisait une entrée fracassante en France avec Amazon en tête de liste. Le géant de Seattle avait changer la donne outre Atlantique et entendait bien conquérir le marché français.
Mais voilà! On ne pervertit pas si facilement une nation au patrimoine fondamentalement lié au livre.

L’histoire a parlé

Il n’est pas rare qu’un succès américain se répercute trois ans plus tard en Europe. Il faut avouer que nous avons souvent un train de retard.
Aussi, lorsque le livre numérique a explosé aux Etats-Unis avec le kindle d’Amazon, le monde de l’édition a vu d’un mauvais œil ce format qui dénaturait selon eux l’ouvrage et qui rendait potentiellement les rentrées d’argent moins importantes.

Mais comparer univers littéraire américain et français est pure folie. Les Etats-Unis sont une nation jeune et malheureusement sans histoire profonde. Bien que l’héritage de la France ne soit pas toujours reluisant, il existe depuis plus de deux mille ans. Les écrits ont dicté les lois dès l’arrivée du catholicisme. Par la suite, les scribes consignèrent chaque fait, dupliquèrent les récits les plus remarquables. Le livre fait partie de notre patrimoine et les Français ne comptent pas s’en défaire aussi facilement.

Evolution du numérique

Pendant trois ans, le numérique a connu une nette progression. Les enseignes se sont empressées de vendre des liseuses avec un marketing agressif et les autoédités ont poussé en avant le système, clamant haut et fort que les ventes d’ebook allaient dépasser celles du papier.
Quelques noms d’auteur furent mis en avant par Amazon au salon du livre de Paris pour faire croire au succès révolutionnaire du kindle, mais les chiffres ne mentent pas. Certaines grandes enseignes anglaises ont cessé de proposer des liseuses et les ventes stagnent.
En fait, les spécialistes affirment que les liseuses seraient une des modes les plus éphémères qui soient. Et n’allez pas croire que les tablettes vont les remplacer.

Pourquoi un tel recul?

Parce qu’un livre numérique ce n’est pas un livre!
Le toucher, l’odeur, le ressenti, l’histoire, aucun ebook ne peut procurer de telles sensations. J’ai moi-même une kindle paperwhite. Je la rallume parfois, décidé à retenter l’expérience, puis je l’éteins au bout de trois jours.

autoéditionEnsuite, il faut bien comprendre que le numérique a été pendant cinq ans l’apanage des autoédités et que ça a grandement desservi le système. Car ne nous mentons pas, les livres indépendants n’ont pas la qualité des ouvrages édités traditionnellement. Je ne parle pas de narration ou de scénario, mais plutôt de correction. Il n’y a aucun jugement de ma part, mais simplement des faits. Très peu d’auteurs autoédités font sérieusement leur travail. Ils se contentent de publier leur roman dès qu’il est achevé. En gros, ils tirent une balle dans le pied de ceux qui bossent dur pour proposer un livre professionnel.

Amazon a essayé de réagir à ce problème en créant une section “indés” où ils choisissaient eux-mêmes les auteurs qu’ils estimaient plus méritants. A noter l’obscurité du processus pour une plateforme de commerce. Juger l’art ne fait normalement pas partie de leur prérogative…

Puis, les maisons d’édition ont décidé de passer à l’attaque. Pendant un temps, elles ont choisi de mettre un prix fort de 15€ à chaque ebook. Ainsi, le livre papier se vendait nettement mieux.
Dernièrement, elles ont opté pour une méthode plus sournoise en baissant brusquement le prix de classiques ayant déjà largement trouvé leur public en papier. Ce fut le cas avec Harry Potter. Lors de la sortie du nouvel opus de J.K Rwoling fin 2016, l’éditeur a proposé ses ouvrages à 8.99€. En quelques heures, la saga trouvait sa place dans les vingt premières places des catégories jeunesse, fantastique et fantasy, éclipsant d’un seul coup tous les autoédités qui étaient parvenus à se hisser difficilement dans le classement. Il a donc suffi d’une petite heure pour renverser le système et anéantir les chances de plusieurs auteurs. Lorsque d’autres suivront le pas avec des sagas comme l’épée de Vérité, La roue du temps, Shannara ou Les chroniques de Krondor, c’en sera fini des auteurs indépendants jeunesse…et du numérique.

Prenez bien en compte qu’il s’agit de mes prévisions personnelles basées sur l’expérience des deux systèmes. Libre à vous d’analyser différemment la chose et de trouver la brèche qui vous permettra de percer dans l’univers littéraire. Mais il faut rester lucide…

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