Edition: interview des Editions Plumes solidaires

Les Editions Plumes Solidaires commencent à faire parler d’elle et c’est dans une démarche d’authenticité et dans l’objectif d’éclairer les jeunes auteurs qu’Iman Eyitoyo, co-fondatrices, a accepté de répondre à mes questions.

Salut Iman. Pourrais-tu te présenter aux lecteurs ?

Je m’appelle Iman, bientôt 29 ans, et je suis, entre autres, auteur pour tout âge, avec une préférence pour tout ce qui est science-fiction et fantastique, depuis plusieurs années à présent.
La littérature étant ma passion, je suis également bloggeuse et booktubeuse depuis deux ans. Et depuis peu, éditrice, animatrice d’ateliers d’écriture et traductrice.

Tu es désormais éditrice. Peux-tu nous expliquer la particularité des Éditions Plumes Solidaires ?

Eh bien notre maison d’édition est tout d’abord une association, qui se veut humaine, sélective sur les textes toutefois, et portée certes sur l’édition traditionnelle et à compte d’éditeur, mais aussi sur la liberté des auteurs dans certains choix – notamment s’ils sont anciennement autoédités.

Qu’est-ce que cela implique dans le détail ?

En dehors des droits d’auteur, aucun salaire n’est versé dans l’association : nous travaillons tous au bénévolat et en général par préférence du type de tâches, plusieurs auteurs dont moi y compris.

Le premier avantage est que tout le monde – ou presque – met la main à la patte et qu’ainsi, les coûts de production d’un ouvrage baissent ostensiblement, ce qui nous permet de donner la chance à de bons textes tout en survivant.

Le deuxième avantage est que les auteurs – qui le souhaitent, car tout est comme je l’ai précisé, sur choix – participent au processus d’édition. Ainsi, un auteur peut choisir de travailler sur sa couverture, ou choisir son illustratrice, etc., à condition, évidemment, de respecter plusieurs conditions propres à l’édition et que le comité de décision de l’association valide ces choix ainsi que le résultat qui en sort. Cette option convient aux auteurs autrefois autoédités ou indépendants qui ont besoin d’une certaine autonomie ou qui ont certaines exigences qu’ils pourraient difficilement exercer dans une maison d’édition classique.

Le troisième avantage est que les auteurs qui ne souhaitent pas se tracasser à participer au processus d’édition sont traités comme des auteurs classiques, sans participation aux frais d’édition ni obligation de mettre la main à la patte. Ils sont édités comme dans toute autre maison.

Le quatrième mais pas le dernier : les auteurs peuvent acheter leurs exemplaires avec une réduction libraire dès 25 exemplaires, ce qui leur permet de gagner plus de marges sur des salons.

Voici, en quelques lignes, la particularité de notre maison d’édition.
C’est finalement la possibilité pour les auteurs hybrides ou indépendants d’intégrer une structure d’édition sans perdre ce qui fait justement leur indépendance, tout en bénéficiant de surcroît du professionnalisme du comité de décision ainsi que du réseau de l’association (diffusion, distribution et communication notamment) ; mais également pour les auteurs plus « classiques » d’exister tout de même dans ce schéma.

Qu’est-ce qui t’a poussée à créer une telle maison d’édition ?

J’ai longtemps été auteur indépendante et ai souvent été confrontée à la question de la nécessité d’être en maison d’édition. Seulement, j’aime mon indépendance et même si je confierais sans souci quelques livres à certaines maisons d’édition qualifiées, j’aurais du mal à confier tous mes titres. Sans doute parce que les auteurs indépendants deviennent, à terme, exigeants sur ce qu’ils peuvent tolérer d’un éditeur, ayant eux-mêmes été éditeurs – ce qui n’est pas toujours une mauvaise chose ; ou peut-être parce que certains titres sont juste trop personnels.

Quoi qu’il en soit, j’ai pensé que certains auteurs étaient sans doute confrontés à la même chose : vouloir allier les avantages de la maison d’édition à ceux de l’indépendance qu’on aime tant. J’en ai discuté avec plusieurs auteurs dans la même situation, qui ont abondé dans mon sens, et quelques mois après… la structure était créée.

Lorsqu’on parcourt votre site, on sent tout de suite l’investissement et le professionnalisme. Est-ce que les Éditions Plumes Solidaires ont vocation à évoluer vers un autre type de structure dans un avenir proche ?

Honnêtement, je n’en ai aucune idée, car on évoluera en fonction de ce que souhaitent/peuvent les membres de l’association. On essaie de penser ensemble, d’évoluer ensemble, de proposer des solutions profitables à tous ensemble. Je nous vois plus comme une grande famille et non comme des éditeurs/auteurs, vu que presque tout le monde dans l’association finalement est auteur et un peu éditeur. Enfin, peut-être que cela est utopique mais j’ose espérer que cela restera tel quel.

À court terme toutefois, pour être plus concrète, on envisage d’étaler notre diffusion sur le Canada, vu que moi-même et une autre auteur de l’association vivront bientôt dans la région du Québec à Montréal, alors ce sera l’occasion ! On essaie également d’étendre notre diffusion sur la France, car bien que nous soyons distribués partout en France, il faut encore commander nos exemplaires pour les recevoir en librairie. L’objectif est d’avoir des livres en stock un peu partout. C’est un travail de longue haleine, mais si on s’y met tous, on peut y arriver.

Autrement, plein d’autres projets sont également lancés, des partenariats notamment, mais rien de concret pour l’instant.

L’autoédition a généré un débat autour du livre électronique et il y a clairement deux camps. Est-ce que le numérique est pour toi l’avenir du livre ou tout simplement un nouveau format qui touche un autre lectorat ?

Pour moi, c’est un nouveau format, au même titre que le livre audio – auquel je crois également. Je pense que les trois formats que nous connaissons aujourd’hui se complètent et sont indissociables.
Personnellement, je lis aussi bien en numérique, en papier qu’en audio : chaque format a juste un moment de prédilection différent. Le numérique pour les transports, le papier pour la maison et l’audio pour tous les moments où les mains sont prises, mais pas le cerveau.
Concernant l’association, on fait aussi bien avec le papier qu’avec le numérique. C’est vital.
Pour le livre audio, c’est en réflexion…

Lorsque les lecteurs découvriront cette interview, je ne doute pas qu’ils auront envie de rejoindre votre équipe. Concrètement, qu’attendez-vous d’un manuscrit ?

La question à un million de dollars !

Alors, déjà il faut savoir que nous n’acceptons les manuscrits que par périodes. Il faut donc suivre notre page Facebook, Twitter ou Instagram pour connaître ces périodes. En ce moment, nous acceptons encore des manuscrits pour notre anthologie de Noël jusque fin Février, voire fin Mars si le comité de lecture continue d’abattre les manuscrits avec la même efficacité… Je dis ça, je ne dis rien…
Concernant ce qui est requis d’un bon manuscrit, je dirais que notre comité de lecture est sensible aux personnages cohérents et intéressants en priorité – pas de gros clichés, donc –, à un rythme correct, et surtout, de la cohérence de bout en bout. Un peu d’originalité ne fait pas de mal également.

Sur le genre, nous sommes ouverts à tout, tant que c’est de la fiction.

Avez-vous déjà des publications prévues pour 2018 ou prenez-vous encore le temps de la réflexion ?

En général nous prévoyons l’année précédente pour la suivante, mais vu que nous avons accepté certaines sagas, nous avons déjà 4 publications de prévues sur 2018.
En fonction des disponibilités du comité, nous devrions bientôt ouvrir, d’ici la fin de l’été ou de l’automne prochain, un appel à manuscrits pour compléter nos publications de 2018 et anticiper celles de 2019.
Des appels ponctuels pour des livres jeunesse (album ou 6/9 ans) ou encore pour des anthologies (recueil de nouvelles) arriveront toutefois entre-temps, toujours pour 2018.

Je remercie chaleureusement Iman d’avoir pris le temps de répondre à ce questionnaire avec l’authenticité que je lui connais.

Je vous invite d’ailleurs à découvrir leur site internet ainsi que leur catalogue.

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