Ecrire un roman de fantasy 18: les personnages adolescents

La fantasy permet de développer plus amplement la psychologie des jeunes protagonistes.

Un élément sensible des romans d’heroic fantasy est l’intégration de personnages adolescents. En effet, les univers médiévaux étant très souvent rudes et cruels, seuls les plus forts survivent dans ces grandes aventures épiques. Cependant, il n’est pas interdit qu’un personnage plus jeune puisse être au centre de bien des récits.

La leçon de Georges R.R.Martin

L’auteur de Game of thrones est passé maître dans l’art de placer ses personnages. Si je déplore quelques incohérences dans son scénario, je n’en reste pas moins admiratif (et jaloux avouons-le) de l’habileté avec laquelle il fait vivre ses protagonistes. Bons ou mauvais, jeunes ou vieux, guerriers ou manipulateurs, ils parviennent toujours à nous surprendre. Et c’est sur le personnage d’Arya Stark que je souhaiterais m’attarder. Si vous n’avez pas suivi la série, vous pouvez tout de même lire ce qui suit, car je vais décortiquer un peu le processus d’écriture de l’auteur. Attention toutefois aux spoilers!

arya starkTout d’abord, il faut se mettre dans les conditions de l’époque médiévale et comprendre qu’on était adolescent dès dix ans. A 15 ans, on préparait déjà son mariage.
Arya Stark est donc le symbole même de l’adolescente qui va s’adapter pour survivre dans cet univers coupe-gorge.

Comment est-ce possible?

Premièrement, un adolescent ne survit pas seul. Il faut forcément un adulte, plutôt fort et protecteur, pour le protéger. C’est trop facile, me direz-vous? Non! Car cet adulte va permettre à l’ado de se développer, d’apprendre, de se nourrir de cet univers rude et impitoyable. Bien évidemment, le personnage devra être fort et déterminé, car il ne survivra pas sinon. Il est alors intéressant de lui mettre un véritable leitmotiv. Dans le cas d’Arya, c’est la vengeance. Son père a été exécuté sur ordre du roi et elle récitera inlassablement chaque nuit la liste noire où figure les noms des personnes qu’elle souhaite voir mourir. On ne peut pas faire plus concret!

Un rite initiatique sans fin

Dès lors, Arya va voyager sous la protection du limier, un personnage antipathique qui figure d’ailleurs sur sa liste, car il est le bourreau qui a décapité son père. Le duo fonctionne à merveille et la fillette apprend grâce à la rudesse de son protecteur. Rappelons qu’elle a suivi les enseignements adapté à sa silhouette fluette d’un maître d’arme. Elle sait donc manier une épée fine, mais manque de force. C’est cohérent!
Arya est dévastée par l’éloignement de sa famille, mais comprend qu’elle doit demeurer cachée.

Par la suite, elle va comprendre un autre point essentiel à sa survie: se fondre dans la masse. Elle grandit et change son aspect en se faisant plus garçonne. En devenant passe-partout, elle n’est plus une héritière noble, mais une simple fille de basse naissance sans intérêt. Là encore, Georges R.R.Martin fait évoluer avec cohérence son personnage. on s’y attache, car on a peur pour elle.

L’adolescent doit être une éponge

Ensuite, mue par une soif d’apprentissage, Arya va encaisser les coups durs, car les membres de sa famille ne cessent de mourir, mais elle se se raccroche à sa vengeance. C’est l’élément-clé de sa survie. Elle demeure faible physiquement et le sait. C’est donc la ruse, l’anonymat et la vivacité qui seront ses atouts. Si vous lisez Le Sort de Gaia (Qui sort dans quelques jours aux éditions des montagnes noires), vous découvrirez le personnage de Huck, jeune mendiant recueilli par mon héros. J’espère que son évolution et sa destinée séduiront.

Il faut donc que le personnage soit avide de savoir, car il aura besoin d’apprendre pour survivre. La patience sera également une de ses qualités sans quoi on l’abandonnera rapidement et il mourra. Si vous prenez Harry Potter, il fait preuve d’une extrême humilité malgré sa situation « d’enfant qui a survécu », car il se sait seul et fragile. Certains protagonistes le prennent alors sous leur aile.

La sensibilité

C’est certainement l’aspect le plus délicat à mettre en scène. En effet, l’adolescence est une période de changement où le corps se développe, où l’esprit s’aiguise et où les rêves s’effritent. Les croyances et idolâtres se dévoilent parfois vides, on remet en question l’autorité, on rêve d’indépendance.

Dans un récit d’heroic fantasy, le personnage adolescent ne peut pas rester apathique. Il aura forcément des pulsions, des peurs, des manques, des doutes et des déceptions. Il faut alors prendre gare à traiter ces sujets avec subtilité et songer aux préoccupations de l’époque. Sans internet et smartphone, les adolescents pensaient essentiellement aux sexe opposé. Les filles rêvaient de devenir des dames et les garçons des chevaliers. Rares sont celles qui souhaitaient devenir serveuses en auberge et ceux qui voulaient officier comme forgeron.

Toutefois, la sensibilité de vos héros (car ils demeurent des personnages atypiques) pourra les pousser vers des voies plus nobles emplies d’éthique.

Quoi qu’il en soit, les personnages adolescents apportent de la fraîcheur dans un récit et ils sont, selon moi, essentiels à une histoire d’heroic fantasy.

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