Comment utiliser la musique dans un roman?

La plupart des auteurs – pour ne pas dire la totalité – écoutent de la musique pour écrire ou pour trouver l’inspiration. Pourquoi alors ne pas utiliser le quatrième art dans un récit? Et comment le faire pour enrichir l’histoire? Voici quelques conseils pour mieux utiliser cette art ancestral.

Etre musicien!

Je sais, c’est un peu arbitraire. Mais je pense qu’il faut maîtriser un minimum un sujet pour pouvoir en parler. C’est d’ailleurs valable dans la vie de tous les jours…Vous n’avez pas besoin d’être Santana ou Einaudi, mais si la notion de rythme vous est totalement étrangère, que vous ne savez pas ce qu’est un archet et que le terme de mélodie vous laisse perplexe, il va falloir travailler dur, très dur.
Mais tout n’est pas perdu! Si vous êtes un musicophile accompli, le gros du travail est déjà fait. Il ne vous restera plus qu’à vous familiariser avec les notions propres à l’instrument que vous déciderez d’utiliser dans votre roman.

Quelle plus-value? 

Tout le monde écoute de la musique! Que ce soit à la radio dans sa voiture, chez soi dans son fauteuil ou le soir en s’endormant, l’humanité a grandi avec la musique. Les premiers hommes l’utilisaient pour communiquer, puis pour transmettre des sensations des siècles plus tard. La musique fait partie intégrante de l’humanité.

La musique est, selon moi, l’art qui procure le plus d’émotions, car elle ne demande aucun effort physique. A l’inverse de la vue sollicitée par les neuf autres arts, l’ouïe est un sens passif qui se laisse facilement apprivoisé.

Lorsque vous décrirez des sonorités dans votre livre, cela évoquera alors un sentiment chez le lecteur, lui rappellera peut-être un moment précis, bon ou mauvais, de son existence. Quoi qu’il en soit, cette technique servira à enrichir l’histoire, à lui donner du corps.

Les instruments

Le cor de chasse, le trombone et la contre-basse sont à éviter. Pourquoi? Trop encombrant.
L’instrument que vous choisirez sera associé à un personnage. Il faut donc bien réfléchir avant de l’attribuer, car il devra refléter le caractère de votre protagoniste. Un harpiste sera associé à quelqu’un de sensible, une violoniste laissera entendre qu’elle est rigoureuse et précise, un joueur de flûte incitera à penser que la personne est enjouée. Ce ne sont bien évidemment que des préjugés, mais les clichés ont leur utilité et demeurent essentiels à la cohérence d’un récit.
Songez également à l’univers de votre roman. Le lecteur devra adhérer à votre instrument dans l’histoire.

Comment utiliser la musique ?

Abordons maintenant les différentes techniques pour insérer cette atmosphère musicale dans le récit.
Vous devez premièrement réfléchir à l’intérêt qu’aura l’instrument dans votre scénario. Sera-t-il au cœur de l’histoire? Servira-t-il à imprégner le lecteur d’une ambiance bien précise? Et, si oui, sera-t-elle angoissante, enivrante, rassurante?
Dans mon premier roman Le Sort de Gaia, j’avais créé un démon nommé Braderon. Il portait de fines clochettes au poignet et chacune de ses apparitions était précédée d’un « ding diling ding ». Ceci avait pour objectif de générer une angoisse chez le lecteur qui savait que le monstre approchait. De même, dans La légende de Kaelig Morvan, le barde Caerwyn utilisait sa flûte pour apaiser ses compagnons ou les sortir d’un mauvais pas (aidé par la magie). Le but était d’associer cette action à un dénouement rapide et salvateur.
J’ai toujours considéré la musique comme de la magie. Elle a une capacité hors norme à susciter des émotions parfois incontrôlables ou à réveiller des souvenirs enfouis au plus profond de notre être.
Les instruments peuvent donc vous aider à enrober momentanément votre histoire, peut-être pour créer une bulle dans laquelle votre personnage principal se réfugiera.

Mais les ouvrages de l’homme ne sont pas les seuls à pouvoir créer cette musicalité. La nature est la première compositrice de talent. Le bruit des vagues qui se fracasse contre les rochers, les sonorités du vent qui s’engouffrent dans les meurtrières d’un château, l’agitation des branches qui craquent sous leur propre poids dans les tempêtes, le monde dans lequel nous vivons est une éternelle symphonie. Le bruit ambiant d’une grande ville peut également tenir une place importante dans un roman.

Prenez cet exemple: « Le vent mordait les joues déjà piquées des marins, griffait les voiles gonflées de puissance et sifflait entres les haubans« . On ressent immédiatement cette atmosphère violente et bruyante du pont d’un navire en pleine mer. Plutôt que d’expliquer que les conditions sont difficiles, il est préférable de suggérer au lecteur. Il doit normalement en déduire de lui même cette ambiance pesante. S’il ne comprend pas, c’est que vous avez échoué…ou que le lecteur est un peu dur de la feuille…

Pour mieux comprendre la place de la musique dans un récit, je vous invite à lire Le silmarillion de Tolkien où le célèbre auteur créé le monde à partir d’une symphonie, principe bouddhiste ou taoïste si je ne me trompe pas.

 

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