Décrire la mer dans un roman

Pour décrire la mer, il faut tout d’abord la comprendre. Il n’est pas forcément nécessaire d’être marin ou d’avoir du sel dans les veines. Cependant, la mer est aussi bien une dangereuse faucheuse qu’une douce amante et il me semble important de la connaître pour bien en parler.

La mer, le plus puissant des éléments

Premièrement, il faut savoir que la mer est l’élément le plus puissant au monde. Elle résiste à tout. Ce n’est pas pour rien si la purification du monde dans la Bible (le déluge) se fait par les eaux et non par le feu. La mer emporte tout sur son passage. Les plus grandes catastrophes naturelles de notre temps sont dues aux Tsunamis et les scientifiques savent avec certitude que d’autres plus puissants encore surgiront dans les siècles à venir.

La mer est capricieuse

mer déchaînéeEnsuite, il faut visualiser la mer comme un élément en mouvement permanent. Outre le fait que sa nature liquide en fait un matériau instable, le phénomène des marées (provoqué par la lune) l’oblige à se déplacer continuellement sur l’intégralité du globe terrestre. Les marins le savent tous sans exception, la mer est imprévisible. En quelques heures, elle peut passer du calme blanc à la plus grande des fureurs. Les nuances de couleurs varient d’ailleurs remarquablement dans ces cas-là.

Une mangeuse d’hommes

J’aime dire que la mer est une cruelle maîtresse. En effet, les marins ne peuvent se passer d’elle et se sentent irrémédiablement attirés par sa fougue et sa beauté. Tous les jours, des hommes (car malgré quelques exceptions, c’est tout de même un milieu très masculin) bravent les dangers de la grande bleue pour travailler ou assouvir leur soif de liberté. Car la mer c’est aussi l’indépendance, les véritables espaces où les dirigeants peinent à imposer leurs lois. Si vous voulez comprendre cet aspect anti-conformiste en particulier, je vous invite à lire 20000 lieues sous les mers. Le capitaine Nemo l’explique mieux que moi.

Les profondeurs insondables

mer de brumeLa mer c’est également le mystère, l’inconnu, la magie. Sous sa surface, l’histoire de l’humanité s’abrite dans les fosses, les abysses, les grottes. Tant de trésors que l’homme ne pourra certainement jamais atteindre! Et c’est justement notre incapacité à la dompter qui la rend si spéciale. L’homme a pour habitude de plier la nature à sa volonté. Mais la mer ne se laisse pas faire. Je dirais même qu’elle se défend!

La mer, cette mère nourricière

La mer c’est également l’avenir, car c’est par elle que la vie est arrivée sur terre. On nomme à tort la forêt amazonienne « le poumon de la Terre ». Mais c’est encore une fois la mer qui nous apporte la majeure partie de notre oxygène, les arbres consommant presque autant qu’ils produisent. L’écosystème marin est fascinant et son équilibre est une fois de plus menacé par l’homme. Suivez un peu les activités de la Sea Shepherd (et pas les quelques vidéos qui circulent) et vous comprendrez les enjeux vitaux pour lesquels le Captain Paul Watson se bat. J’ai eu l’occasion et la chance de m’entretenir brièvement avec lui alors que nous dédicacions tous deux au festival des Étonnants Voyageurs à St Malo. Il est troublant de calme et d’honnêteté. Si l’océan meurt, nous mourrons, affirme-t-il. Seule l’ignorance peut contredire cette phrase!

90% des marchandises sont transportées par voies maritimes. L’homme a donc besoin de la mer s’il souhaite conserver son système social et économique, et je ne dis pas qu’il doit le faire…

Prenez le large!

Enfin, si vous souhaitez réellement décrire la mer dans votre récit, autrement qu’un simple passage rapide, je vous conseille de prendre le large au moins une fois sur un bateau de petite taille (- de 10m). Les ferry ne permettent pas d’appréhender le danger que représente la mer. Sur un petit navire, on ressent sa force. On réalise avec quelle facilité la surface soulève un bateau de plus d’une tonne. Aucun effort! Et on peut s’imprégner de l’immensité, visualiser les milliards de mètres cubes d’eau qui se déplacent sans arrêt, la crête écumeuse des vagues qui s’enroulent et viennent mourir dans leurs propres flancs, les embruns que le vent portent sur nos visages, le son sifflant et fuyant de la houle, le sel qui imprègne chaque respiration. La mer, c’est une histoire d’amour.

Quelques ouvrages et films subliment la mer et je vous le conseille vivement:

20000 lieues sous les mers: On ne présente plus ce chef d’oeuvre.
Le vieil homme et la mer
: l’histoire simple du combat d’un homme et d’un marlin. C’est poétique et empli de courage.
Pêcheur d’Islande: le chef d’oeuvre de Pierre Loti qui narre la vie des pêcheurs paimpolais (nommés les Islandais) qui partaient pour de longs mois à la pêche à la morue. C’est une histoire d’homme en mer et de femmes à terre, un bel hommage aux familles, aux marins, aux veuves. Quel courage!
Master and commander: un film au réaliste époustouflant et à la mise en scène incroyable.
Au cœur de l’océan: film sur l’histoire qui inspira Moby Dick à Herman Merville.

Voilà! Si vous avez des questions, n’hésitez pas! Je naviguais avant de savoir faire du vélo et c’est la mer qui me permet de vivre aujourd’hui.  😉

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