Comment créer un super méchant de roman?

Mouahaha!!! On a tous rêvé de créer ce personnage exceptionnel, celui qui laisse une trace indélébile et torture les songes des lecteurs. Mais voilà! Pour arriver à un tel extrême, il faut déjà comprendre la psychologie de ce complexe antagoniste.

Qu’est-ce qu’un super méchant?

C’est un personnage démoniaque, un être vil, qui va très vite devenir le personnage principal d’un récit par son omniprésence. Chaque page tournée nous rappelle qu’il est là, quelque part, dans l’ombre d’une ligne, derrière le canapé, dans l’obscurité de l’angle de votre chambre.

Le super méchant doit posséder une aura malsaine, celle qui vous fait frissonner à la simple mention de son nom (Voldemor, Freddy Krueger, Hannibal Lecteur). Il n’est pas forcément dévoré physiquement par la haine. C’est essentiellement l’impact psychologique de son existence qui doit le définir.

Les références

Etre humain ou créature fantastique, le super méchant doit être au cœur du récit.

  • Alien: c’est, selon moi, le plus impactant des supers méchants du cinéma. On pourrait tous identifier son souffle sifflant lorsqu’il approche de sa victime. Outre son aspect repoussant, c’est plus les émotions qu’il suscite dans l’obscurité qui font de lui le plus terrifiant des méchants.
  • Sauron: Pour le célèbre méchant du Seigneur des anneaux, c’est plus la prouesse d’imposer la présence d’un être dénué de corps physique qui m’a séduit. Sauron est un esprit qui s’immisce dans les rêves de Frodon et dirige le Mordor de sa montagne. En outre, l’œil du Sauron devient par la suite la matérialisation de cet être hors du commun et l’anneau porte le méchant dans les terres les plus reculés du milieu. J’ajouterai qu’il est intéressant de lire le Silmarillion pour mieux comprendre la nature de ce sombre démon.
  • Lee Woo-Jin: maître à jouer du célèbre Old boy de Park Chan-wook, il est le manipulateur qu’on rêve tous de ne jamais croiser. Mû par une nature malsaine à l’extrême, il dirige sa marionnette dans la plus atroce des machinations que le cinéma ait pu mettre en scène. Je ne vous en dit pas plus. Regardez-le!
  • Le joker d’Heath Legder: sublime, attractif, addictif, invincible, puissant, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire un des plus magnifiques personnages jamais interprété au cinéma.
  • Hannibal Lecteur: si Anthony Hopkins a parfaitement joué son rôle, le personnage du roman est encore plus inquiétant, les détails ne manquant pas quant à sa psychologie dérangeante. Il est raffiné, intelligent, vicieux et pourtant bienveillant avec l’héroïne. Il est le symbole de la justesse scénaristique.
  • Jack Torrance: l’écrivain fou de Shinning m’a collé des nuits blanches. Je n’en dirai pas plus.

Sa relation avec le héros

C’est en fait ce qui va le définir comme super méchant. Le propre de l’antagoniste est d’avoir une relation intime avec le héros. Il doit occuper toutes ses pensées et devenir sa principale raison d’être. Les deux personnages seront liés jusqu’au dénouement. En outre, le méchant doit influencer le héros et engendrer chez lui un changement radical.
Dans le film Seven, le personnage joué par Brad Pitt est droit. Pourtant, le tueur en série le pousse au meurtre à la toute fin et boucle ainsi sa croisade. Il gagne! Cet exemple prouve tout le génie et la perversité du méchant.

Lorsque vous créerez vos personnages, il faudra que le héros et son homologue maléfique aient une histoire commune, passée ou à venir. Quoi qu’il en soit, elle devra être très forte et ne jamais s’éloigner.

Les stéréotypes…ou pas

J’adore ça! Mon article sur les stéréotypes explique en détail l’importance de ces codes issus de la mythologie.

Mais pour les super méchants, c’est plus délicat, car on peut très vite sombrer dans le grotesque voire le burlesque. Il faut une bonne dose de talent pour rendre crédible un personnage tel que le joker ou encore le jeune cadre dynamique d’American psycho.
Donc, lorsque vous déciderez de marginaliser votre antagoniste, demandez-vous s’il y a un quelconque intérêt, une quelconque plus-value à cet aspect dérangeant et anti-social. Car la principale raison qui incite un auteur à éviter la singularité de son méchant est justement de l’opposer à la norme sociale. Une fois encore, le joker est le symbole de cette lutte. Il prône la différence!

Si en revanche vous optez pour un monsieur tout le monde, il faudra jouer sur les expressions de votre personnage. Des troubles du comportement, même mineurs, devront le caractériser pour laisser une empreinte forte. Il racle sa gorge, il fredonne, il boîte légèrement, il s’humecte les lèvres avec la langue, il cligne de l’œil, il craque son cou, autant de marques reconnaissables qui devront pénétrer l’esprit du lecteur.

Le passé du super méchant

C’est essentiel, primordial!

Un super méchant ne doit pas l’être simplement parce que vous l’avez décidé. Outre les pathologies graves (et il y a encore débat des spécialistes sur l’influence de l’enfance concernant la différence entre psychopathe et sociopathe), c’est la vie qui rend un personnage méchant. Vous devrez donc définir avec exactitude les événements passés qui ont fait basculer l’antagoniste dans le côté obscur. Dark Vador est d’ailleurs, selon moi, l’exemple de ce qui ne faut pas suivre. Anakin Skywalker devient un tueur d’enfant jedi simplement parce qu’il a peur de voir mourir Padmé. Grotesque!

Prenez le temps d’éplucher les sites parlant de l’enfance des tueurs, comme réalisé dans cet article Comment naissent les tueurs en série. Cela vous offrira une base de réflexion. Ensuite, gardez à l’esprit que l’événement déclencheur ne se produira pas forcément dans la jeunesse. Cela peut être la mort d’un enfant, d’une femme (Law abiding citizen), un acte abusif qui fait basculer un personnage faible…

Rien ne vous oblige à créer un super méchant, mais si vous optez pour cette voie, dîtes-vous que c’est lui qui deviendra le héros de votre roman.

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