Comment trouver un bon éditeur pour publier son roman?

Tous les auteurs sont en quête de l’éditeur qui leur offrira la renommée. Inutile de feindre l’humilité! Nous avons tous rêvé de voir notre roman dans les vitrines des grosses librairies.
Cependant, comme la gloire est réservée à une poignée d’écrivains, il convient de revoir ses objectifs (sans arrêter de rêver) et de songer à trouver tout simplement un bon éditeur. Car le monde littéraire pullule aujourd’hui d’opportunistes qui utilisent la naïveté de certains pour exploiter leur talent.

Je vais vous aider à y voir plus clair pour différencier le bon éditeur du mauvais.

Qu’est-ce qu’on bon éditeur?

Cette question ouvre finalement sur une réponse assez subjective puisque certains d’entre nous sont satisfaits avec des lentilles quand d’autres veulent du caviar, sans aucune condescendance pour les lentilles.
Je garderai donc pour définition qu’un bon éditeur aime son travail, adore la littérature et s’intéresse de près comme de loin à l’évolution de son métier.

Il n’est pas question uniquement de moyens, mais également de passion. Un bon éditeur souhaitera tout mettre en œuvre pour offrir un ouvrage abouti aux lecteurs. Il veillera personnellement à la bonne marche de chaque étape de la chaine du livre (couverture, correction,  impression, diffusion, distribution…).

Mais tout ceci ne hissera pas forcément votre roman au rang de best-seller. Il est de notoriété publique que le talent et la passion ne suffisent pas dans un univers artistique où le consumérisme et le profit sont lois.
C’est pourquoi je vais détailler avec vous les autres points à vérifier avant d’envoyer son manuscrit ou de signer un contrat d’édition.

L’édition numérique

Je souhaitais aborder ce cas particulier avant de continuer.
Un amoureux de la littérature ne se lancera jamais dans l’édition exclusivement numérique. S’il fait cela, c’est uniquement pour l’argent.
Je n’aborderai donc dans cet article que les « vrais » éditeurs, ceux qui proposent un livre papier ou papier et ebook aux lecteurs.

Car pour avoir la motivation nécessaire pour se battre dans l’univers hostile qu’est le monde de l’édition, il faut oser mettre ses cou….. sur la table en investissant financièrement, en se mettant en danger. On ne fait rien de cela en publiant du kindle sur Amazon.

L’envoi du manuscrit et l’attente d’une réponse

Votre roman est enfin achevé. Vous l’avez relu maintes fois, corrigé des dizaines et il est désormais prêt à être envoyé à un éditeur.
Je ne vais pas vous expliquer comment envoyer votre manuscrit. J’explique en détail toute l’étape dans mon dossier sur la publication d’un roman.

Il y a trois cas d’envoi de manuscrit qui peuvent attirer l’attention:

  • Le premier concerne les maisons d’édition reconnues qui souhaitent uniquement un envoi par mail. Si elles font cela, c’est par soucis écologique et pratique. Rien d’autre! ne vous posez donc pas trop de questions.
  • Le second concerne les maisons de toute taille qui refusent l’envoi de pdf et demandent uniquement un manuscrit papier. Cette démarche vise à éliminer tous les petits malins qui font perdre leur temps aux comités de lecture en envoyant leur roman en pdf à deux cents éditeurs sans vérifier leur ligne éditoriale. C’est un manque de respect qui en dit long sur ce qu’on pourra trouver dans le manuscrit. Lorsqu’on débourse 30€ pour l’envoi de son manuscrit, c’est qu’on y croit.
  • Le dernier concerne les petites structures qui acceptent l’un ou l’autre. Il est impossible de connaître la démarche de ces éditeurs qui manquent de visibilité. Ils essaient simplement de faciliter la taches des auteurs.

N’allez donc pas vous faire des nœuds au cerveau concernant le format d’envoi. la réponse est souvent plus simple qu’il n’y parait.

Vient ensuite le délai de réponse.

Si une chose est certaine, c’est qu’il faut fuir les éditeurs qui affichent en gros sur leur site web « ENVOYEZ-NOUS VOTRE MANUSCRIT » suivi de « réponse sous trois semaines » en plus petit.
Edilivre vous répond même sous deux semaines!!! Fuyez! Vous payerez votre couverture, la conversion en Kindle…tout ce qui normalement du ressort de l’éditeur.

Lorsqu’un livre arrive chez un éditeur, il est d’abord réceptionné et enregistré au secrétariat (si il y en a un). Il est ensuite envoyé à un lecteur qui le lit et rédige une fiche d’appréciation. Un comité de lecture se réunit et chacun met en avant les points forts de leur coup de cœur. Débat! Les autres membres lisent alors le ou les livres sélectionnés et une décision est prise!

Vous croyez sincèrement que ce travail peut être fait correctement en trois semaines?
Ce serait peut-être possible si l’éditeur recevait un manuscrit par quinzaine. Et encore! Mais c’est plutôt un à cinq par jour. Pour exemple Gallimard en reçoit vingt par jour. Et son comité de lecture est plutôt vaste.

Avec une réponse sous trois semaines, votre roman est parcouru en quelques heures pour vérifier qu’il n’est pas truffé de fautes. On s’assure qu’il est vendable, c’est à dire qu’il entre dans les courants littéraires du moment et on lui pond une couverture bien merdique avec un loup, une fille sexy dans la brume, un homme musclé au regard de braise…bref! Toutes les couvertures qui se ressemblent auxquelles plus personne ne fait attention.

Chez un véritable éditeur, il peut parfois se passer plus d’un an avant d’avoir une réponse pour un manuscrit. Cela n’a rien de choquant et ça prouve que le comité de lecture fait son travail consciencieusement.

Le diffuseur

Bon! Alors on rentre dans l’élément le plus important lorsqu’on souhaite vendre un livre.
S’il vous est arrivé de lire un livre médiocre et de vous demander pourquoi il se vend si bien, vous avez désormais votre réponse: l’éditeur a un bon diffuseur.

Prenez un auteur célèbre, changez le nom de son livre (et de l’auteur) et publiez-le chez un éditeur mal diffusé. Il en vendra cinq cents au mieux et tout s’arrêtera là. Même si le livre est très bon!

Le diffuseur, c’est le service commercial qui va convaincre le libraire de prendre votre livre et de le placer dans sa vitrine.
Les diffuseurs connus n’ont plus besoin de se battre pour ça. Ils s’occupent simplement de présenter la sélection de nouveautés que le libraire recevra à l’office. Un contrat les lie et un gros carton arrive chaque semaine avec les nouvelles parutions.

Un simple tour dans quelques librairies suffira d’ailleurs pour observer les éditeurs bien diffusés. Attention! Cela n’est en rien un gage de qualité de l’ouvrage.

Pour faire court, voici les quatre meilleurs diffuseurs de France. Ils sont tous des filiales des grandes maisons d’édition et si votre éditeur travaille avec eux, il y a de fortes chances qu’on retrouve facilement votre roman et donc qu’on l’achète.

  • Hachette Diffusion
  • Interforum
  • Volumen
  • Union

Attention! Il ne faut pas pour autant pointer du doigt les éditeurs mal diffusés. Certains d’entre eux aimeraient bien travailler avec ces diffuseurs, mais le contrat leur est refusé pour diverses raisons. D’autres n’ont tout simplement pas les moyens, même en investissant réellement. Ceci explique aussi pourquoi il est très difficile de lancer une maison d’édition de nos jours. Le système est verrouillé par les plus grandes maisons parisiennes.

La présence sur le web

Un éditeur qui refuse de s’adapter est un peu comme un agriculteur qui croit qu’il va pouvoir planter des choux toute sa vie. Et si les gens décidaient de manger du riz désormais?
OK! L’exemple est un peu bizarre, mais il me parle.

On dit que le monde de l’édition vit une crise. C’est vrai! Une crise d’immobilisme. Ils ont cru qu’ils pourraient continuer à vendre leurs livres avec des libraires qui touchaient trois à quatre fois plus que les auteurs sur un ouvrage. Et en plus ils touchent ça sur chaque livre vendu alors que l’auteur ne reçoit que ses propres dividendes. Bref!

La présence sur internet est devenue incontournable pour un éditeur. J’entends par là un site web responsive avec un catalogue des ouvrages et une ligne éditoriale clairement identifiable sur la page d’accueil.

C’est d’ailleurs un très bon moyen d’identifier le bon éditeur du mauvais.
J’ai plusieurs exemples qui me viennent en tête. Un lecteur du blog m’a d’ailleurs contacté récemment, car il venait d’obtenir une réponse positive pour son manuscrit. Il souhaitait mon avis.
Je suis allé sur le site web de l’éditeur et voici ce que j’ai trouvé:

  • une bannière « DÉPOSER VOTRE MANUSCRIT » qui prenait plus de place que le catalogue roman.
  • un mélange de genre et de style: autant dire aucune ligne éditoriale
  • des partenariats mis en avant avec les plateformes de vente comme Amazon, Kobo…comme n’importe quel auteur autoédité…poudre aux yeux!
  • ils détaillent tout ce qu’ils font (ISBN, BNF…), c’est à dire ce que fait n’importe quel éditeur. Je l’ai également fait lorsque j’ai débuté en autoédition. Allez! Un bon gros quart d’heure et c’est réglé.
  • des couvertures qui m’ont fait sourire, car je n’aime pas pleurer. On reste sur l’histoire du loup, de la jeune fille et du beau gosse aux yeux retouchés pour avoir l’air d’un vampire chargé d’érotisme.
  • tout un tas de justifications pour tenter de prouver que l’éditeur est fiable.

Bref! Comme vous vous en doutez, j’ai immédiatement inciter le futur romancier publié à passer son chemin – douche froide, désolé – et à continuer ses recherches.
Je comprends qu’on puisse se laisser séduire par un éditeur qui affirme que votre manuscrit est bon, mais soyez patient. Écrire un livre demande énormément de temps et d’investissement. C’est une part de soi qu’on jette à jamais sur le papier, presque un fragment de son âme (en moins Voldemort!). Céder ses droits à un simple arriviste qui souhaite gagner facilement de l’argent sur le dos des auteurs en vendant en masse serait une hérésie.

Le site web d’un éditeur peut donc en dire long sur son activité. Et même s’il est un peu dépassé ou vieillot, ce qui compte par-dessus tout est la ligne éditoriale affichée. c’est synonyme de passion.

Les salons

C’est un point à part, car il concerne uniquement les petites structures (ou les petites-moyennes). Les grandes maisons sont sur tous les gros salons avec leurs propres vendeurs ou une librairie dédiée.

En revanche, les petits éditeurs qui se battent pour conserver leur métier – et il est vital qu’ils persistent, car sans eux nous ne lirions bientôt tous que les Goncourt – se rendent eux-mêmes sur les salons, invitant leurs auteurs à venir dédicacer à leurs côtés. C’est une preuve de l’investissement personnel de ces chefs d’entreprise. Lorsqu’on passe un week-end entier derrière un stand pour vendre une trentaine de bouquins, c’est qu’on est un passionné. C’est en-dessous du SMIC horaire à ce niveau-là.

Je vous invite donc à repérer les éditeurs sur les salons. la plupart d’entre eux affichent les dates sur leur site web. Encore un détail à prendre en compte!

La rencontre

Même si le numérique dirige désormais le monde, il ne faut pas négliger le contact humain.
Personnellement, il ne me viendrait pas à l’idée de signer un contrat avec une maison sans rencontrer l’éditeur ou un(e) responsable.
S’il s’agit d’une toute petite structure, il n’y a aucune raison pour qu’elle se trouve à l’autre bout de la France. Il y a énormément d’éditeurs dans toutes les régions. Et s’il s’agit d’une grosse maison bien diffusée, je serai bien fou de ne pas faire le déplacement.

Quoi qu’il en soit, si l’éditeur ne souhaite pas vous rencontrer, c’est aussi un signe de sa personnalité et de la gestion de son entreprise. La littérature, c’est l’échange, l’interaction, le partage de savoir ou d’imaginaire, le papier froissé qu’on aime sentir ou caresser. Et tout commence par un regard, une poignée de main, l’envie de porter un projet à plusieurs.
Tout ceci nécessite une rencontre.

Lorsque les Éditions Ouest France m’ont commandé La trilogie La Légende de Kaelig Morvan, j’ai rencontré Hervé Chirault, l’éditeur chargé de la nouvelle collection, puis la responsable de la communication. Enfin, j’ai pu m’entretenir avec le directeur éditorial sur différents sujets liés au livre.

La rencontre est une étape essentielle.

Zéro frais pour l’auteur!

C’est le dernier point et je préfère me répéter: l’auteur ne doit jamais rien payer. Rien!

Si l’éditeur (ou prétendu) vous demande un supplément (via formule ou option) pour la correction de l’ouvrage, la confection de la couverture, le stock des livres, la conversion aux formats ebook ou tout autre participation, fuyez et allez le criez sur tous les forums littéraires. Ce ne sont pas des éditeurs, mais des prestataires de services.

N’oubliez pas que vous êtes l’auteur(e) et que parvenir à achever l’écriture d’un roman est déjà incroyable. C’est un « talent » que finalement peu de personnes possède. Et il faudrait en plus que vous ayez l’argent pour investir dans sa publication.

Chacun son métier!

L’écrivain(e) fournit le manuscrit
L’éditeur investit l’argent pour sa publication
L’imprimeur l’imprime
Le diffuseur communique sur l’ouvrage avec les libraires
Le distributeur achemine le livre jusqu’aux libraires et gère les flux financiers
L’éditeur prend sa part et donne la sienne à l’auteur(e)

Et alors que vous touchez le plus petit morceau du gâteau (rappelons que la moyenne est de 8% pour l’auteur et 30% pour le libraire), vous devriez en plus payez pour obtenir un ouvrage papier digne de ce nom! C’est une mauvaise blague? bref!

J’espère que cet article vous permettra d’y voir plus clair.
Gardez bien à l’esprit que le terme « bon » éditeur est subjectif. Tout dépendra de vos attentes: de grosses ventes, un rapport humain authentique ou une simple publication.

 

 

 

9 commentaires sur « Comment trouver un bon éditeur pour publier son roman? »

  1. De bons conseils mais cela concerne les livres qui se veulent littéraires, un minimum recherché. Si tu conseilles au moins de publier en partie en version papier, je dis que pour les livres précédents oui. Mais pour des histoires type Harlequin, le lecteur ne va pas forcément vouloir une version papier. Idem pour un livre de 50/100 pages selon le sujet.
    Je pense que cela dépend vraiment du type d’écrit qu’on voudrait vendre.

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour,
    Déjà, il convient de vérifier les clauses du contrat. Mais je suppose que si tu me contactes, c’est qu’il n’y en a pas ou alors qu’elle ne vont pas t’aider.
    Pour pouvoir rompre un contrat et récupérer les droits sur son œuvre, il faut que l’éditeur n’ait pas rempli certains critères du contrat comme la publication en numérique, en papier, aux différents formats, la paiement des dividendes dans les délais…bref! Tout un tas de bases pour un éditeur.
    Dans le cas d’Edilivre, ça se complique. Ce ne sont pas des éditeurs classiques puisqu’ils font payer certains services et pas d’autres. Ils sont très proches du compte d’auteur voire du prestataire de service. Je pense qu’il doit être alors possible de demander de retirer de la vente ton livre, de récupérer la couverture que tu as payé ou tout autre frais engagés.
    L’idéal reste de s’arranger avec eux à l’amiable. Même si j’ai pu comprendre que ce n’est pas toujours chose aisée…
    Quoi qu’il en soit, si tu décides de leur poser un ultimatum, il faut faire ça dans les règles, c’est à dire en courrier recommandé, et être sûr de toi, car tu t’es également engagé avec ce contrat.

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  3. Bonjour, je voulais simplement vous dire que ce blog est formidable. On y trouve de nombreux bons conseils sur l’ecriture d’un roman et il m’à franchement beaucoup aidé car j’ai rencontre moi aussi les nombreux problemes que vous avez cité. Je voudrais aussi vous poser quelques questions. Est ce que les races sont obligatoires dans un roman d’heroic fantasy car personnellement je ne compte pas en mettre. Et j’ai oublié la deuxième question que je voulais vous poser. Quand elle me reviendra je vous le dirais. Merci beaucoup pour ce formidable blog.

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    1. Bonjour,
      Pour les races, c’est assez courant dans l’heroic fantasy d’en trouver plusieurs. Cependant, ce n’est en rien obligatoire. L’important est alors de pallier en créant des peuples différents. Un peu comme chez les hommes. La différence culturelle entre un islandais, un nigérian, un mexicain et un coréen est notable. Il faut s’inspirer de ce qui existe déjà dans notre monde pour en créer un de fantasy.

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  4. Je me suis souvenue de la deuxième question et je vais maintenant vous la poser: mon premier chapitre comporte déjà une vingtaine de pages et le temps que je le terminé il comportera au moins 25 ou 30 pages. Est ce que cela pose un problème?

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    1. 25 à 30 pages, c’est en effet très long pour un premier chapitre. L’idée est d’accrocher le lecteur immédiatement. Et pour rythmer le récit au départ, rien de tel qu’un chapitre relativement court. Je vous conseille donc d’essayer de réécrire le début en morcelant si possible votre premier chapitre. Peut-être y a-t-il moyen de créer une liaison entre ce début et la suite de votre chapitre?
      N’oubliez pas que le premier chapitre représente un peu « l’entrée des artistes ». Comme au théâtre! On a pas deux fois l’occasion de faire une première bonne impression. Le ton doit être donné au plus vite.

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      1. Merci beaucoup pour vos réponses et conseils. Pour le premier cas en effet j’avais créé plusieurs peuples et ça m’arrange car je n’ai pas à créer d’autres races mais pour le chapitre ça va être un peu plus difficile car il s’y passe certaines choses mais je vais essayer de le couper. Je vous remercie votre blog est vraiment formidablé et il m’aide beaucoup. Merci.

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