La politique à travers les âges

La politique est ce qui régit la vie d’une cité (comme le veut sa racine grecque « polis »), d’une région ou d’un pays. En somme, et bien que les dirigeants doivent normalement obéir à une constitution érigée pour le peuple, la politique est le dieu créé par l’homme.
Mais ce maître du jeu n’est pas arrivé là par hasard. Il est un élément fondamental de notre équilibre.

Les rats plongeurs

Ce qui suit est une interprétation personnelle réalisée à force de lecture de livres d’histoire et d’études sociologique. Une vidéo sur l’expérience des rats plongeurs a fini de me convaincre sur l’évolution de l’humanité.

L’homme a besoin d’être dirigé, même par un tyran s’il le faut, car il est, pour son ensemble, incapable de prendre l’intégralité de ses décisions. Depuis la nuit des temps, l’homme a été confronté à des choix. La vie n’est d’ailleurs qu’une multitude de choix qui se suivent: heure du lever, travail, repas, vêtements, loisirs, amis…et même la moitié qui partagera notre vie.
C’est donc avec plaisir que l’homme abandonne une partie de son libre arbitre lorsqu’il s’agit de domaines qui le dépassent et ne l’intéressent pas réellement.

L’expérience des rats fait ressortir quatre classes sociales:

  • les exploitants (alpha)
  • les exploités (bêta)
  • les indépendants
  • les souffre-douleurs (oméga)

Cette interprétation m’a été soufflée par Bernard Werber dans sa trilogie des dieux. J’en arrive finalement à la même conclusion que lui.

Et l’histoire ne fait que confirmer tout ça!

Depuis toujours, l’homme semble emprisonné dans un cercle qui veut qu’une minorité exploite une majorité avec quelques marginaux qui vivent à l’écart et quelques pauvres bougres qui servent de fusibles. Ce quel que soit le courant politique!
Et dès qu’un système s’effondre, un autre similaire voit le jour.

Quelques courants politiques

Je n’ai pas les connaissances nécessaire pour vous expliquer en détail le fondement d’un système politique. Je peux cependant vous présenter mon analyse qui peut-être vous éclairera.
Quelques exemples seront plus parlants:

La monarchie

Prenons Louis XIV, le fameux roi soleil. Dire que la plupart des gens le citent lorsqu’on demande qui était le plus grand roi de France. Sans rire! C’était sans doute le pire de tous .

  • exploitants: le roi, sa cour et la noblesse qui jouissent de tous les privilèges. Louis XIV affame la France avec des guerres qu’il ne cesse de perdre et des projets pharaoniques comme Versailles.
  • exploités: le peuple, toutes castes confondues
  • indépendants: l’Église qui a su se positionner habilement dès le départ. contrairement à la plupart des indépendants, eux ont réussi à prospérer et à être respectés.
  • les souffre-douleurs: les protestants qu’Henri IV avait tenté de protéger avec son édit de Nantes.

Lorsque le système s’effondre en 1789 sous le pauvre Louis XVI, (car oui, le roi décapité était peut-être le seul à avoir essayé de servir le peuple) il était malheureusement trop tard. Après la révolution est arrivé Napoléon, un empereur dictateur qui à créé une nouvelle noblesse avec sa famille. Et le peuple l’acclame encore de nos jours…
Ils ne savent pas ce qu’ils font, comme dirait le nazaréen!

Le nazisme

Inutile de l’expliquer! Tout le monde connait aujourd’hui ce mouvement qui, rappelons-le, est arrivé à diriger la tête de l’Allemagne en toute légalité.

  • exploitants: Les hauts membres du parti nazis et les riches familles
  • exploités: le peuple allemand qui subit sans réagir, inconscient au départ du danger
  • indépendants: les résistants
  • souffre-douleurs: les juifs qu’Hitler accusent de tous les maux

Lorsque le nazisme s’effondre, le capitalisme s’installe.

Le capitalisme

Le plus simple est de prendre la France

  • exploitants: la classe politique tous partis confondus. Je ne lancerai pas un débat là-dessus (même si je ne m’y opposerai pas…), mais les partis anti-capitalistes ne sont pas les indépendants. Les politiciens sont en quête de gloire et de pouvoir.
  • exploités: nous tous qui payons des impôts ou non
  • indépendants: les artistes qui dénoncent (pas ceux qui font de la démagogie pour obtenir des likes sur Facebook ou qui font un concert pour Ségolène…), les créateurs qui déposent des brevets libres de droits, les véritables philanthropes inventeurs. Et non! Punks à chien dans un van et anarchistes ne sont pas des indépendants. Je ne crois pas qu’ils refusent le RMI et la CMU financés par les exploités.
  • souffre-douleurs: les immigrés, réfugiés, enfants d’immigrés et autres clandestins. On oublie parfois qu’ils fuient leurs pays parce qu’on y fait la guerre. Ben oui! On est le troisième vendeur d’arme au monde. Il faut bien allumer la mèche si on veut vendre! Et donc, des gens qui gagnent 50000€/mois font croire à ceux qui en gagnent 1500€ que ce sont ceux qui en touchent 800€ d’allocations qui foutent le pays dans la merde. Sans commentaire!

Le schéma alpha, bêta, indépendant, oméga se retrouve parfaitement et fonctionne très bien puisque notre économie tient le coup. On grogne, mais tout le monde sait que l’heure de la révolution est encore très lointaine.

Je crois que ces trois exemples suffisent à transposer l’expérience des rats sur notre société.
Mais la politique n’en demeure pas moins un art qu’il faut du temps pour maîtriser. Les alphas d’aujourd’hui ont travaillé dur dans cet unique but et c’est peut-être le seul point positif que je le concéderai.

L’art d’avoir toujours raison

L’autre jour, j’ai regardé le film Le brio qui met en scène une jeune femme issue des minorités (nos fameux souffre-douleurs du capitalisme) en formation de droit à l’école Paris 2 Pantheon-Assas. On y explique que les étudiants de cette prestigieuse université y étudient un livre intitulé « L’art d’avoir toujours raison ».
Je l’achète donc après avoir visionné le film (très bon soi dit en passant) et m’y plonge corps et âmes.

Rien compris!

Bon! Si, un peu quand même!
Mais j’ai dû m’accrocher et relire plusieurs fois certains passages. Le livre est très court et je vous le conseille (2€ seulement!), car on y découvre de multiples astuces pour les joutes verbales et comment gagner un débat même si on sait qu’on a tort. Très utile pour les dialogues des romans! Il demeure toutefois assez difficile d’accès et notre ami Google est bien utile pour effectuer quelques recherches en parallèle.

J’y ai beaucoup appris et les discours des politiciens me sont soudainement apparus sous un angle nouveau. On décèle leurs pirouettes pour détourner le discours et finalement embrumer l’adversaire ou tout simplement le peuple. Rien de tels que des termes compliqués pour que le peuple abandonne. Un peu comme un banquier qui vous explique pourquoi il vous prélèvera 700€ de commission de souscription pour l’adhésion au CCEC en fonction du taux indexé sur le marché si vous souscrivez à un contrat à capital variable. Ne vous inquiétez pas, tout est inscrit dans la convention de compte de 20 pages en police taille 08. Et vous vouliez juste savoir comment avoir une photo personnalisée sur votre carte de crédit…

Voilà! L’art d’avoir toujours raison, c’est ça. L’objectif est de s’éloigner au maximum du sujet de départ, d’élargir complètement le débat et de trouver une faille dans un exemple qui n’a finalement rien à voir avec le sujet, mais qui peu lui être lié.

Exemple du burger:

Personne n°1 vante la qualité d’un food-truck qui fait d’excellents burgers bioss. Tout est fait sur place.
Personne n°2, plutôt que d’attaquer le bio, élargit le débat en expliquant que les hamburger, produit américanisé responsable de l’obésité, et les fastfood sont nocifs pour la santé. Pleins d’études le prouvent. Il prend pour exemple Mcdo, le gras, un scandale sanitaire, le film Super size me…et ruine complètement l’idée de départ. Avec une bonne élocution, il aura le public avec lui, car tout le monde a en tête l’idée débile que les burger, c’est la malbouffe.

n°1 a tout intérêt à réduire le champ du sujet en se concentrant sur le bio alors que n°2 tente de s’en éloigner, car il sait qu’il a tort.

On a d’ailleurs souvent vu des journalistes dire à des politiciens invités sur leur plateau qu’ils n’ont pas répondu à leur question. Normal! Ils savent qu’ils se mettront dans une position délicate. Du coup, ils élargissent le champ de la question pour se rendre sur un sujet qu’ils maîtrisent.

Lorsque vous avez compris cela, vous avez compris comment fonctionne la politique. C’est le plus habile qui gagne. Il faut en revanche une très bonne culture générale, un savoir assez conséquent et du répondant.

Réflexion sur la politique

Il faut bien comprendre une chose. La politique n’a pas pour objectif de rendre tout le monde riche et heureux. Bien au contraire! L’homme calque son bienêtre sur celui des autres. Si tout le monde est riche, personne ne l’est. Un français moyen sera riche en Chine et pauvre en Suisse.
La politique a pour but ultime de préserver le système. Il faut éviter l’effondrement de la société. C’est pour cette raison que chaque gouvernement prend diverses mesures pour favoriser telle ou telle classe sociale, mais jamais sans aller trop loin. Les réformes demeurent mineures et, au final, ce sont les classes moyennes qui paient toujours plus, mais sans jamais voir leur quotidien radicalement bouleversé.
Jetez un coup d’œil à cette discussion entre Mazarin et Colbert. C’est vieux de plus de deux siècles et c’est toujours d’actualité.

Il ne faut pas pour autant jeter la pierre aux dirigeants. Certes, il s’en mettent plein les fouilles et dénigrent la plupart du temps le peuple. Mais qui voudrait leur place?

La politique se doit de conserver un certain équilibre.
Si les pauvres deviennent trop nombreux où si les classes moyennes n’ont plus suffisamment d’argent pour nourrir leurs enfants, le système arrive en rupture, car tout le monde ira voler. N’oublions pas que nous sommes des animaux. L’instinct de survie surpasse toujours tout le reste.

Et pour conserver cet équilibre, il est primordial de créer des besoins et des écrans de fumée qui empêcheront les hommes de réaliser qu’ils sont des moutons exploités. De toute façon personne ne veut l’entendre.
Car le plus grande force de la politique est l’obscurantisme. En bloquant l’accès au savoir, on bloque l’accès à la vérité.

Avec internet le savoir n’est plus bloqué, me direz-vous?

Vrai et faux! Vous y avez accès, mais la plupart d’entre nous ne l’utilise pas. On y préfère Facebook, Clash Royale, Candy crush, Instragram, TF1, Netflix…le divertissement est l’écran de fumée que les hommes demandent et exigent pour oublier leur quotidien.

« Panem et circenses »
« Du pain et des jeux »

La politique en pratique

Certaines remarques sont le fruit de mon observation et mon point de vue sur la politique.

Il s’agit selon moi de la nouvelle noblesse, de l’aristocratie héritée de Napoléon. Quelques privilégiés triés sur le volet (car rares sont les politiciens nés dans un village breton avec des parents agriculteurs à se hisser tout en haut) obtiennent le droit de siéger dans la grande famille. Et toutes ces personnes obtiennent des avantages, des privilèges et des passe-droits qui les placent officieusement au-dessus des lois. Car si tous les français sont soumis aux mêmes lois en théorie, on sait tous que la pratique est très différente. Un petit voyou qui vole une télé ira six mois en prison alors qu’un ministre véreux qui détourne 5 millions d’euros sur un compte en suisse sera simplement écarté du gouvernement et bénéficiera d’une simple amende.

Pour être certain que la grande famille demeure de sang pur (le fameux sang bleu), on fait se rencontrer les futurs couples lors de soirées dédiées. Un speed-dating aristo comme le célèbre bal des débutantes ou les bals des officiers dans l’armée.

Et dans la mesure où la famille ne cesse de s’élargir, le gouvernement est contraint de créer sans cesse de nouveaux postes prestigieux: ministres, ministres d’état, hauts commissaires, secrétaires d’état, sénateurs, députés, membres du conseil constitutionnel (avec pour président actuel Laurent Fabius qui n’a pas eu à assumer les morts du sang contaminé – « pas ma fôte! » ), préfets, ambassadeurs, directeurs administratifs, hauts fonctionnaires, conseillers régionaux et généraux…et tout un tas d’autres noms bizarres.
Et personne ne sait réellement ce qu’ils font.

Ci-dessous un organigramme pour y voir plus clair.

Gardez tout de même à l’esprit que l’assemblée nationale qui vote les lois proposées est généralement composée d’une majorité du parti présidentiel. On a tous vu ces vidéos de députés qui vérifient sur leurs feuilles s’ils doivent voter oui ou non pour telle ou telle loi. Un singe pourrait être député à ce niveau-là!

Pour faire simple!

Les Français élisent le président, les députés et les conseillers (régionaux, généraux et municipaux). La plupart du temps, nous le faisons sans réellement comprendre qui va faire quoi et en faisant confiance aux promesses que leurs prédécesseurs n’ont jamais tenues. Bref!
Les conseillers élisent les sénateurs qui, avec les députés vont former le parlement. ce sont eux qui vont voter ou non les lois proposées par le gouvernement (le président et ses ministres – à noter que le président choisit son premier ministre et c’est ce dernier qui propose les autres ministres au président).
Le conseil constitutionnel fait office de garde-fou, mais s’oppose rarement au gouvernement.

Vous noterez que, dans l’organigramme ci-dessus, on ne voit pas les hauts commissaires, les secrétaires d’état, les préfets, les ambassadeurs, et tous les hauts fonctionnaires qui sont élus en conseil des ministres. Il y a donc une manne de dirigeants politiques qui prennent poste sans la moindre concertation avec les Français. Et c’est normal! On a déjà du mal à élire le président, alors un préfet! Mais cela laisse toute discrétion à la nouvelle aristocratie pour placer leurs amis.

L’influence des multinationales

Là encore, prenez bien en compte que cet article a pour objectif de vous aider préparer l’univers de votre roman. Il n’y a aucune volonté d’influence derrière tout ça. Ou peut-être que si…mais vous êtes des auteurs alors votre esprit critique suffira à vous faire votre propre idée.

Certains pensent que les multinationales influences la politique et que les dirigeants ne sont que des pantins. D’autres que non!

Le plus simple est de raisonner et de poser les faits.

Qui a selon vous le plus de poids sur l’économie internationale et donc sur la vie des hommes?

Un président possédant un manoir, un salaire de 15000€ et quelques privilèges, élu pour 5 ans et qui réfléchit déjà à sa reconversion

ou

Un propriétaire de multinationale dont les filiales sont si nombreuses qu’elles touchent tous les secteurs économiques, milliardaire, vendeur d’arme, banquier, dont la famille dirige l’entreprise depuis 150 ans

  • Pourquoi croyez-vous que Monsanto gagne la plupart de ses procès? Merci les laboratoires Bayer!
  • Pourquoi Dassault (de son vivant…) n’est jamais allé en prison? Merci les dirigeants impliqués dans les guerres sales!
  • Pourquoi interdit-on aux vieux diesels de circuler dans Paris l’été alors que les 20 plus gros porte-conteneur polluent plus que l’intégralité du parc automobile mondial? parce que 90% des marchandises circulent par voie maritime! C’est qui le patron!

C’est une question de logique et non de théorie du complot. Il suffit simplement d’observer les faits et d’aiguiser un peu son sens critique.

Dans un roman, il est intéressant de placer cet élément extérieur dans la balance. L’idée qu’une pression est exercée sur les dirigeants permet d’ouvrir d’autres champs.

Toutes ces remarques ne s’appliquent évidemment qu’aux démocraties capitalistes. Dans le cadre d’une dictature affichée, l’état privatise tout et exécute ceux qui s’y oppose. C’est plus simple…

Contrôle et qualité

Je tenais à aborder un dernier point avec vous.

Le système politique actuel veut que tout le monde contrôle tout le monde. Des éléments comme la qualité, qui était auparavant réservée aux entreprises, arrivent dans la fonction publique et impliquent un ralentissement de toutes les procédures.
Une administration déjà lente voit un nouveau frein s’ajouter.

Dans la structure d’un récit, ces procédures représentent un nouveau gardien du seuil comme expliqué dans mon article sur le voyage du héros. Elles vont pouvoir bloquer vos personnages et les inciter à prendre une décision: contourner la procédure ou trouver une autre solution.

Il faut bien se rappeler que la politique est nécessaire voire indispensable à la société. Sans elle, ce serait l’anarchie. Et c’est du chaos qu’émergent toujours les tyrans.
Un système, même injuste, vaut toujours mieux que pas de système du tout!

 

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