Ecrire sur la mer 02: La vie à bord

Maintenant que nous avons vu ensemble les différents grades et fonctions sur les navires, il semble important de rentrer dans le vif du sujet avec la vie du marin.

Le marin, cet homme à part

Clamer haut et fort que les marins sont des hommes différents des autres n’est pas dénué de vanité. Pourtant, il faut admettre que choisir une vie sur les flots, élément non naturel de l’homme, est tout de même assez hors norme.

Il y a trois sortes d’hommes: les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer.

C’est Aristote qui le disait! N’allons pas contredire un des plus grands penseurs de notre temps.
Un marin passe parfois 8 mois sur 12 en mer. Il n’est pas là pour Noël, le Nouvel An, les anniversaires et toute autre date importante. C’est un choix et un sacrifice qui pèse plus ou moins lourdement sur le coeur des hommes.

Un confinement dans l’immensité

C’est certainement l’aspect essentiel à retenir concernant les marins.
Le confinement est contre-nature, car les gens de mer disposent d’une immensité à perte de vue, mais ne peuvent que la toucher des yeux.

Qu’ils naviguent sur un voilier, un navire de pêche ou un cargo, les marins sont habitués aux lieux étroits et clos. De même qu’ils côtoient la pénombre quotidiennement.
Bien évidemment, un homme seul sur un voilier aura moins d’espace qu’un autre sur un super tanker. Mais le principe de confinement demeure bien présent, car la majeure partie du temps est passée dans des espaces restreints. Sur un navire, il n’y a pas de place inutile pour flâner.

Et pourquoi le marin se perd dans l’horizon? Justement, car c’est le seul espace disponible que son esprit tend à rejoindre.

La vie en communauté

Quel que soit le navire, sauf peut-être un voilier pour une traversée en solitaire, d’autres marins vous accompagnent. La vie en communauté représente l’aspect sensible sur un bateau, car le respect de l’intimité est essentiel à la bonne entente de l’équipage.

Les jours de mer s’enchainant, des tensions peuvent naitre rapidement. C’est humain et inévitable. Il convient donc de respecter l’espace personnel de chacun, c’est-à-dire sa banette ou cabine selon le navire.

La marins mangent ensemble à heures fixes rythmées sur les quarts.

Le travail

La vie du marin est rythmée par des périodes de quart qui s’enchainent  jour et nuit. Elles durent généralement 4 heures et sont suivies d’une autre période de travail de 4 heures en journée. Il faut comprendre 4 heures de quart/4 heures de travail général/4 heures de repos en heures ouvrables et 4 heures de quart/8heures de repos la nuit. Ce rythme est variable selon les compagnies maritimes et le capitaine.
Sur un chalutier, le rythme est totalement différent, car calé sur les zones de pêche.

Je ne vais pas vous décrire chaque métier puisque j’en ai pratiqué seulement quelques-un.
Sur le site Formation-Maritime, vous trouverez tout ce qu’il vous faudra.
Toutefois, si vous avez des questions bien précises sur un corps de métier des gens de mer, je pourrais éventuellement vous redirigez vers les bonnes personnes.

La féminisation

Eh oui! Si les métiers des gens de mer ont souvent été exclusivement masculins, c’est essentiellement à cause de la pénibilité du travail. Bien sûr, la société n’était pas prête à voir des femmes embarquer. Mais désormais, c’est derrière nous et il n’est pas rare de voir des femmes manoeuvrer un cargo ou, parfois, travailler sur un chalutier.

Cependant, c’est par la marine nationale que la féminisation a pris de l’ampleur. Soucieuse de redorer son blason et de recruter, la Royale a mener (et mène toujours) une campagne publicitaire pour inciter les jeunes femmes à s’engager sur les navires ou dans des postes à terre.

Je ne vais pas vous mentir et jouer les démagos! ça ne se passe pas aussi bien que les chargés de communication voudraient le faire croire. Des tensions naissent des faveurs accordées à certaines femmes et des misogynes n’ont aucun scrupule à en sanctionner d’autres. Rajoutons à cela les histoires de plumard et vous avez compris: c’est parfois tendu.

Toutefois, ça évolue dans le bon sens même si le métier de marin reste très éprouvant (et le plus dangereux au monde d’après les statistiques) et convient logiquement moins aux femmes. Il ne s’agit en rien de faiblesse. Hommes et femmes sont différents et il faudrait peut-être l’accepter une fois pour toutes.

 

Pour conclure cet article sur la vie à bord, il faut garder à l’esprit que le marin, même s’il vit en communauté dans des espaces confinés, est avant tout un solitaire qui apprécie l’éloignement de la société. Il est rude, travailleur et dur au mal.

2 commentaires sur « Ecrire sur la mer 02: La vie à bord »

  1. Bonjour !
    Excellent article, très intéressant, comme tous ceux que tu as publiés précédemment. D’ailleurs, au passage, je suis contente d’avoir un nouvel article à lire de ta part. Je commençais à désespérer que tu en postes un nouveau, ils me manquaient. Sinon, tu as bien choisi le jour : la rentrée scolaire et la nouvelle année.
    Je te souhaite une bonne année et une bonne santé.

    J'aime

    1. Je te souhaite également une merveilleuse année 2019.
      Et oui! Je traîne un peu la patte…
      J’ai de nombreux projets littéraires et graphiques qui m’occupent plus que je le souhaiterais. Je publie donc les articles sporadiquement, mais espère pouvoir reprendre plus assidûment vers avril.
      A très bientôt!

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