Etude de scénario: Game of Thrones – que peut-on en apprendre pour écrire un roman?

Difficile de passer à côté lorsqu’on écrit de la fantasy! Grâce à la série de HBO, Game of Thrones est devenu une référence qu’on ne peut pas négliger. Et j’avoue que c’est essentiellement par ses graves incohérences que ce récit m’a marqué.
Que faut-il donc retenir pour ne pas commettre les mêmes erreurs? Attention, spoiler!!!

Avant-propos

Pour commencer, je vous invite à jeter un coup d’œil à mon avant-propos de l’étude de scénario du Seigneur des anneaux pour mieux comprendre le voyage du héros.

Ensuite, l’étude qui suit fait référence à la série télévisée de HBO et non aux livres. Lorsque je citerai l’auteur, cela signifiera l’auteur et les scénaristes qui sont indissociables.
Je laisserai également de côté la mise en scène et l’aspect graphique assez extraordinaire, car, ne nous mentons pas, si GOT a si bien fonctionné, c’est essentiellement grâce au budget pharaonique engagé par HBO et non par son originalité. Il y a tant de sagas d’heroic fantasy qui aurait mérité cette visibilité…

Anti-Tolkien et shakespearien

Ouhla! Il pète un plomb! Georges R. Martin n’est pas anti-Tolkien. Bien sûr que non!
Cependant, l’auteur de Game of Thrones a volontairement placé son oeuvre en opposition à celle de Tolkien.
Dans le royaume des 7 couronnes, toutes les races sont des hommes (ou presque) et la magie y est absente. On plonge résolument dans un univers cartésien calqué sur la Rome Antique et son Sénat. Pourquoi pas? De l’heroic fantasy sans magie peut fonctionner à condition d’avoir un scénario millimétré. Et nous verrons par la suite que c’est clairement la grosse faiblesse de GOT.

Pour celles et ceux qui connaissent un peu Shakespeare, cela n’a pas pu vous échapper. Ce bon vieux Georges est résolument un fan du grand dramaturge anglais. Dans la série, on sent l’ombre du poète d’Hamlet, d’Othello et de Macbeth. Les drames familiaux peuplent ce récit et en sont finalement l’essence.

Le point fort de la série

Vous l’aurez peut-être compris, je ne suis pas un grand fan. J’ai visionné les 8 saisons avec un certain plaisir. La réalisation est excellente et les musiques sublimes.
Si je ne devais retenir qu’une seule chose de cette série, ce serait sans aucun doute les personnages. Et cela suffit amplement!

Georges R. Martin est un maître en la matière. Je le redis encore une fois, les personnages sont plus importants que l’histoire.
Dans Game of Thrones, je me suis rarement attaché autant à certain protagonistes. Leur construction psychologique et leur évolution est fabuleuse.

Et la palme d’or revient à Arya Stark!

La jeune fille est sans conteste la plus extraordinaire preuve que les féministes d’Hollywood devraient arrêter de considérer tout mâle blanc comme un misogyne. J’aurais suivi ce personnage au bout du monde. C’est une fille frêle et donc sans force élevée dans la richesse malgré son caractère indépendant.
Personne n’aurait l’idée saugrenue de la comparer à un homme. Du coup, elle fait avec ce qu’elle a! Et plutôt que de vouloir plaire à la mode démago qui veut placer les femmes en super-héroïne, l’auteur a subtilement joué sur les atouts de la fillette. Elle sera donc assassin! Et en mode furtif s’il vous plaît! C’est fascinant.

Evidemment, d’autres femmes ont su tirer leur épingle du jeu. Cersei a la deuxième place avec son esprit machiavélique et ses manipulations. On ne s’attendait pas non plus à la voir brandir une épée!

Georges R. Martin a su donner aux femmes une place juste dans son récit sans pour autant se plier aux volontés du moment de les positionner sur un pied d’égalité avec les hommes. Car la nature n’est pas égale. Dans GOT les femmes l’ont compris et se sont adaptées.
Petite parenthèse: la SF a un train d’avance dans ce domaine puisque les femmes y trouvent une place équitable (pas égale, c’est différent) avec les hommes. Merci Peter F. Hamilton!

L’évolution des personnages de GOT est réellement fabuleuse. On peut haïr un homme comme Jaime Lanister dans une saison et le prendre en pitié dans une autre. Incroyable!
Sur ce point, l’auteur a du beaucoup travailler. Mais au détriment du reste…

Les orphelins

C’est un grand classique qu’on retrouve dans toutes les sagas. Le seigneur des anneaux, Harry Potter et Star Wars ont ouvert la voie contemporaine. Les mythologies nous avait tout dicté. Game of Thrones s’y est faufilé.

Qui est orphelin, me direz-vous?

Ben…tous les Stark!

Le charismatique Boromir Ned Stark se fait décapiter à la fin de la saison 1 ce qui permet à ses enfants de se révéler. C’est réellement là que l’histoire débute pour eux, car bien que leur mère soit vivante (et avec un fort caractère), ils deviennent tous orphelin de père. Et Ned était clairement leur idole! Arya doit fuir, Sansa est emprisonnée ou tout comme, Bran est abandonné, Jon…bref! Vous avez compris.

Nous avons donc notre belle brochette d’orphelins avec une Danerys qui vient se greffer à la liste puisqu’elle n’a carrément plus de famille (à part ses dragons). Et on a tous compris qu’elle le vivait plutôt mal!

On retrouve donc le schéma classique que Georges R. Martin s’efforçait de fuir.

Les marcheurs blancs ou comment vendre du rêve

C’est sans aucun doute la plus grosse arnaque de la série.
On y a tous cru! C’est une saga avec des putains de mort-vivants en mode heroic fantasy.
Le combat se fera contre ces monstres au-delà du mur. Winter si coming!
Le ton était clairement donné.

Sauf que non! Winter ben on s’en fout! C’est juste le trône qui compte. Rappelons que le titre original est « a song of ice and fire ».
Le roi de la nuit et ses pâlots font quelques rares apparitions et le scénario tourne finalement autour d’un jeu de pouvoir. Grosse déception!

La magie: deus ex machina à répétition

Game of Thrones s’annonçait clairement comme un monde sans réelle magie. La seule référence était liée aux dragons qu’on considère plutôt comme un bestiaire fantastique et non comme de la magie pure. Viennent également les marcheurs blancs, mais l’ensemble demeure flou et mal assumé.

Et voici venir le dieu du feu!

Sorti du chapeau d’une sorcière qui accouche d’un grand bébé un peu chelou, il fait montre d’une toute-puissance qui aurait pu clarifier la situation des prétendants du trône. Un dieu existe, il déchire tout et le trône est pour ses serviteurs. Et puis finalement non!

Lorsque Jon Snow se fait tuer pour le buzz saisonnier, le dieu du feu le ressuscite. Un beau deus ex machina pour faire comme si de rien n’était. Ne jamais faire ça!!!!! C’est se moquer des lecteurs!

Lorsque Danaerys offre un dragon au roi de la nuit (si si! Quand on traverse le monde en 5 minutes, qu’on voit un mec super flippant te viser avec une lance magique pendant une heure et qu’on ne fait rien, c’est un cadeau), ils le ramènent à la vie. Et hop! On détruit le mur. Ben oui! Ce que je me demande c’est comment ils comptaient passer un mur de deux cents mètres de haut à la base? Deus ex machina encore!

Et que dire de Bran? La Corneille à trois yeux, c’est un peu le pouvoir qu’on file au gamin éclopé inutile d’un coup de baguette magique. On verra plus tard ce qu’on en fera.

Voilà à quoi a servi la magie dans Game of Thrones. A sortir l’auteur de situations complexes dans lesquelles il s’était mis et lui offrir une porte de sortie. Ils n’y verront que du feu! Il y a les effets spéciaux!
Ce genre de procédé trahit clairement un manque de préparation et c’est ce qui m’a le plus agacé dans cette série au fort potentiel. Georges R. Martin est un romancier incroyable et un superbe conteur, mais il s’est laissé dépassé par l’ampleur du projet.

Incohérences en vrac!

Plutôt que de donner des conseils, je vais vous lister les incohérences scénaristiques imputables à l’auteur ou à HBO. Je n’ai pas lu les livres, je ne saurais donc dire si l’adaptation a pris quelques libertés avec l’oeuvre originale.
Il vous sera facile de comprendre ces erreurs et d’en tirer les leçons.

  • Tarly, qui est certainement le plus intelligent et le plus instruit des personnages, tue un marcheur avec du Verredragon qu’il trouve par hasard (coup de bol!) et il l’abandonne dans la neige. Il ne lui serait pas venu à l’esprit qu’il venait de découvrir une arme extraordinaire qui sera la clé de leur survie.
  • Danaerys a le syndrome de Stockolm. Elle se fait violer par Khal Drogo, puis tombe éperdument amoureuse…
  • Arya Stark a le pouvoir de changer de visage, mais ne l’utilise même pas lorsqu’elle décide d’aller tuer Cersei dans la saison 8. Buter le roi de la nuit, c’est fait, mais j’arrête là!
  • Pas vraiment une incohérence, mais il y a tellement de personnages qu’on en vient à oublier leur rôle. Et du coup, il faut les buter à tour de bras pour écrémer.
  • Comme dit plus haut, les marcheurs ne pouvaient pas passer le mur. On leur envoie donc un dragon pour qu’ils le zombifie et qu’il crame tout. Boss de niveau, OK! On passe à l’étape suivante.
  • Le roi de la nuit, c’est qui, bordel? OK, il a été un peu tuné par les enfants de la forêt. Mais que faisait-il là? C’est qui ce grand méchant sorti de nulle part? On aurait quand même aimé en savoir plus sur lui. Ou ils réservaient déjà ça pour les spin-off…
  • Jon est fou amoureux de Danaerys, mais un entretien de cinq minutes avec Tyrion suffit à lui faire tuer sa belle. Il n’essaie même pas de la raisonner. Sympa le dialogue dans le couple.
  • Et pour embrayer, le dernier dragon sait que Jon est coupable (la scène ne ment pas), mais plutôt que de brûler vif celui qui a tué sa mère, il décide de faire fondre le trône. Parce que Drogon est tellement intelligent qu’il avait compris que le véritable coupable, c’est la symbolique du pouvoir que représentait ce trône. Mort de rire!!!
  • Jon Snow est ramené à la vie par un dieu auquel il ne croit pas. Ce dieu devait considérer Jon comme l’élément-clé du monde pour lui offrir ce cadeau. Pourtant, il peine à fédérer le Nord, refuse le trône et n’est pas capable de calmer sa belle.
  • Danaerys! Parlons-encore! Elle est tellement en colère d’avoir été trahie (on lui cache juste un secret pour son bien) qu’elle décide de massacrer des milliers de femmes et d’enfants innocents en trahissant sa parole. Le plan « 3ème reich » après la victoire est grotesque et avait de relent de fin de Hunger Games.
  • Le clou du spectacle: Bran en roi des six couronnes! Alors Bran, c’est un peu le gars qui a fait son Game of Thrones dans son coin, sans s’occuper de personne. Son utilité est discutable et on se serait bien passé de lui, mais un nain, prisonnier de surcroît, fait un monologue de cinq minutes et le proclame roi devant une assemblée de dirigeants dont la plupart n’a même pas pris part à la guerre. Voilà ce que ça donne quand on commence un roman sans en connaître la fin et qu’on veut éviter de clore la série avec les prédictions des fans. Pour surprendre, on pouvait faire mieux…(pour info, je me souviens avoir prédit en blaguant que Bran serait roi – ça collait avec les incohérences).

Je m’arrête là parce que j’ai oublié de noter toutes les incohérences au fil de la série, mais la liste est bien plus longue. Pour celles et ceux qui regardaient la série pour se divertir, ça passe. Mais lorsqu’on aime structurer une histoire et qu’on cherche plus que du grand spectacle, c’est réellement décevant.

La violence ne doit jamais être gratuite

C’est encore un point en moins pour l’auteur et les scénaristes.

Toute violence doit être justifiée. C’est essentiel! Sinon, c’est juste un coup de buzz. Et c’est d’ailleurs la recette de la série depuis la décapitation de Ned Stark. On ne compte plus les scènes gores juste là pour choquer. Viols, meurtres d’enfants, massacres.

J’aime la violence et le sang dans un récit. Mais il doit être dosé dans le but de déstabiliser. Lorsqu’on s’habitue à voir des enfants baigner dans le sang, c’est que le dosage est un peu fort, vous ne croyez pas? Le manque de finesse est hallucinant. C’est presque de l’amateurisme digne de films de série B par moment.

Côté sexe, je préfère passer la main. Il y a un sadisme pervers dans cette série qui m’a profondément déçu par son inutilité. Je suis un marin breton et je peux vous assurer qu’un routier polonais sera choquer avant moi. Mais la gratuité des scènes de sexe (Jaime et Cersei sur la tombe de leur fils en tête de liste) ont si peu d’intérêt qu’on les croiraient sorti d’un mauvais youporn. Elles n’apportent rien au scénario. C’est déplorable et déplacé.

Que faut-il donc retenir de cette saga côté écriture?

  1. Lorsqu’on débute l’écriture d’un récit, il est primordial d’en connaître la fin. C’est seulement ainsi qu’on évite les incohérences.
  2. Les personnages sont la clé de tout! Leur arc (évolution dans le temps) doit être travaillé jusqu’au bout.
  3. Chaque scène choquante doit être justifiée. Qu’il s’agisse de sexe, de violence ou d’amour, il doit y avoir un but précis et engendrer des conséquences directes.
  4. Il ne faut pas trop de personnages. Les lecteurs ne peuvent pas s’attacher facilement à un protagoniste qui disparaît pendant trois cents pages.
  5. En heroic fantasy, la magie ne doit pas servir uniquement de deus ex machina. Si elle existe, elle doit être présente dans le quotidien des personnages et non pour un tour de chapeau.
  6. Ne jamais étirer un roman pour plaire. Une histoire, c’est un début, un milieu et une fin. On ne rajoute pas des chapitres pour faire quelques tomes de plus. C’est devenu trop courant en HF. Merci le marketing!

Conclusion

J’ai dressé un portrait peu flâneur de la série, mais c’était surtout dans le but de pointer du doigt les dérives à éviter.
Georges R. Martin a créé une oeuvre incroyable qui force les respect. Il a une connaissance de l’histoire européenne (française, italienne et anglaise plus particulièrement) qui impressionne. Mais la pression mise par HBO est certainement la raison de ces incohérences puisque l’auteur a connu le syndrome de la page blanche pendant des mois. J’imagine ce qu’aurait pu donner cette saga si on lui avait laissé le temps…

Quoi qu’il en soit, je vous invite à étudier de votre côté les personnages de Game of Thrones un par un. Leur structure et leur arc représentent une masterclass à aux seuls.

C’est tout de même un pan de l’histoire des séries télévisées qui se clôt et j’attends avec impatience la sortie de la série du Seigneur des anneaux prévue pour 2021 chez Amazon.
Et les fans risquent d’être encore plus exigeants!

8 commentaires sur « Etude de scénario: Game of Thrones – que peut-on en apprendre pour écrire un roman? »

  1. Salut 🙂
    Billet très intéressant que je rejoins totalement, il faut dire que cette saison 8 a fait preuve d’un nombre d’incohérences incroyable pour une oeuvre de ce standing (les scènes de batailles avec les dothrakis par exemple sont d’une aberration grotesque).
    Cette série m’aura fait penser fortement à Lost les Disparus, dans le sens où l’histoire a tout pour plaire tout en partant dans toutes les directions possibles, mais où finalement ce sont les personnages qui auront été l’énorme point fort de la saga (surpassant le récit qui aura été dépassé par son amplitude).
    En attendant, la série Amazon LotR pourrait certainement tenir le même rang, à voir si l’histoire racontée le sera avec brio 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Salut,

      C’est vrai que Lost a connu le même sort.
      Pour Le seigneur des anneaux, Tolkien a préparé un monde vaste et une histoire précise. Les scénaristes auront donc une base saine et complète sur laquelle s’appuyer. Et puis les enfants Tolkien sont très impliqués. On peut logiquement espérer qu’il ne reproduiront pas l’erreur de leur concurrent.

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  2. Je suis entièrement d’accord pour toutes les incohérences relevées, d’ailleurs c’est la raison pour laquelle je n’ai jamais aimé cette série, idem pour la violence, par contre je m’insurge contre toutes les personnes qui disent que GOT est féministe. Il y a des personnages féminins forts, c’est indéniable, mais une telle fascination pour le viol (des femmes tjrs car rappelons que le viol ne touche bien entendu jamais les hommes (psssst : c’est faux ;))), des personnages aussi stéréotypées (aucune femme érudite, juste Cersei, stéréotype de la femme fatale manipulatrice vue par les hommes, Arya, stéréotype du garçon manqué, Sanda, stéréotype de la femme soumise, au moins au début, je me suis arrêtée en cours donc je ne sais pas comment elle évolue. Au final, on reste sur du stéréotype je trouve, même si n’ayant pas vu la série en entier, je ne peux peut être pas juger. C’est un peu le féminisme vu par les hommes.

    Je dirais que c’est un reflet assez fidèle de la société actuelle avec des femmes qui essaient effectivement de prendre leur destin en mains dans ce monde d’hommes, mais la société actuelle n’est pas égalitaire ni équitable (peu importe par quel truchement lexical vous souhaitez nous faire croire que hommes et femmes ne sont pas égaux).

    « Les féministes devraient arrêter de considérer que tous les mâles blancs Hollywoodiens » dites vous, je serais tentée de vous répondre que les hommes devraient cesser de se sentir attaquer lorsqu’ils n’ont rien à se reprocher. Ces petits tacles envers les féministes que l’on trouve maintenant dans la bouche de bcp d’hommes sont vraiment pénibles quand on se considère soi-même féministe pour ne pas mentionner le fait que je les trouve puérils.

    En tant que féministe, je ne considère pas que tous les hommes blancs Hollywoodiens sont tous mysogines, et je ne pense pas qu’aucune féministe l’ai dit et si elle l’a fait, je me désolidarise complètement de ses propos donc cessons messieurs je vous prie de généraliser. Dire que tous les hommes dont des porcs pour un Weinstein, c’est comme dire que tous les musulmans sont des terroristes pour un Brahim Abdesalam, c’est comme dire que toutes les féministes sont des tarés haineuses pour une hystérique (je n’ais pas de nom a donner pour continuer l’analogie malheureusement).

    En résumé, votre article est intéressant et les incohérences qu’il sont soulignées sont justes mais je vous prierais de bien vouloir cessez d’attaquer des femmes pour leur engagement en généralisant des comportements déplorables. En tant que femme, j’ai trouvé GOT relativement correct mais pas irréprochable et sur mon échelle de sexismometre, je lui mettrais peut être un 7/10 parce que pour moi cette fascination pour le viol et la torture des femmes, cette jouissance perverse que trouve le créateur en voyant le corps de femmes bafoué et humilié, en mettant des personnages féminins, même les plus forts comme Brienne, dans une position récurrente de soumission vus à vis des hommes a tout de même des vieux relents de patriarcat.

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    1. Tant d’incompréhension pour une si petite phrase!
      Le débat sur cet article n’est pas là, mais je préfère tout de même clarifier ce point.

      Je pense que vous avez mal interprété mes propos en inversant un seul mot. Je mentionnais les « féministes d’Hollywood », car ce sont elles seules que je ciblais. Trip d’actrices célèbres surfent sur la vague (Si Captain Marvel est critiqué, ce n’est pas parce qu’on donne des super pouvoirs à une femme, mais parce que le film est décevant et l’interprétation déplorable). Jamais je n’irai placer toutes les féministes dans le même sac. Ce serait, comme vous le dîtes, faire croire que tous les hommes blancs sont des misogynes.
      Si j’ai ajouté cette phrase, c’est parce que je suis moi-même agacé de l’influence que la démagogie a sur le cinéma et la littérature. L’auteur ne semble plus libre d’écrire ce qu’il souhaite, mais doit se plier à la société. C’est anti-artistique. Prenons conscience que si le Seigneur des anneaux sortait aujourd’hui, il serait boycotté.

      Je ne suis pas pour l’égalité, mais pour l’équité. L’égalité est une chimère qu’on cherche à nous vendre. Un petit chinois de 50kg est-il l’égal d’un suédois de 130kg? Jodie Foster et son impressionnant QI est-elle l’égale de Paris Hilton? Non! Homme ou femme, nous sommes tous différents et devons faire avec.
      En revanche, l’équité est un combat de chaque instant et, dans ce domaine, les femmes sont effectivement laissées pour compte depuis des décennies. Fort heureusement, rien est immuable et la société semble évoluer dans le bon sens. J’ai deux filles, je suis donc particulièrement attentif à ces changements.

      Pour revenir à la série, vous évoquer les stéréotypes des femmes. C’est un fait indéniable, mais si vous écrivez des romans, vous devez savoir que la littérature est remplie de stéréotypes, car ce sont les repères sociétaux dans un récit. Avec tant de personnages, il est impossible d’en développer un réellement. On reste donc dans les clichés. Et puis, dans une époque médiévale, il faut conserver le minimum de cohérence requis. C’est pour cela, comme le mentionne dans l’article, que la science-fiction a un train d’avance en matière d’équité.

      Pour finir, je trouve tout de même votre commentaire un peu brutal lorsque vous me demandez de cesser d’attaquer les femmes pour leur engagement. J’ai écris une seule phrase sur ce sujet dans cet article et il s’agit d’un fait simple, précis et sans jugement. Il ne se passe pas une journée sans qu’une actrice pleure pour sa paroisse. Elles ne défendent pas les infirmières, les femmes de ménage, les secrétaires subissant leurs patrons…Non, elle défendent leur salaire en jouant les héroïnes du moment sur une estrade. Je trouve que ça dessert le féminisme.
      Pour le reste, je décris plusieurs fois la série comme plutôt respectueuse des femmes de par ses personnages forts et ai même refusé de décrypter les scènes de sexe de GOT tant elle m’ont dégoûté par leur perversité.
      Je comprends votre rancoeur ou votre frustration, sincèrement, mais évitez de placer les défenseurs des femmes comme moi dans le camp des détracteurs simplement à cause d’une mauvaise lecture de phrase.

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  3. Bonsoir, désolée si mon commentaire vous semblait un peu brutal, ce n’était pas l’intention.

    Personnellement, je me méfie du clivage égalité/équité, c’est souvent une excuse pour justifier les discriminations de même que les antisémites se disent parfois anti-sionnistes pour dissimuler leur haine. Tout dépend j’imagine du sens que vous donnez à égaux. Nous ne sommes pas égaux biologiquement mais nous devons l’être devant la loi, les salaires, etc…

    Effectivement, il y a eu incompréhension et loin de moi l’idée de vous accuser de quoi que ce soit mais ces femmes ont eu le courage de dénoncer des agissements abominables (si l’on parle bien de la même chose, à savoir les agressions sexuelles de Weinstein) et elles ont eu bien raison. Bien sûr qu’elles prêchent pour leur paroisse, comme nous le faisons tous. Nous nous engageons en fonction des causes qui nous touchent et on ne peut pas parce qu’on défend telle ou telle chose, raisonnablement invalider notre engagement en disant « ah mais ça et ça, tu t’en fiches ». C’est un argument que j’entends fréquemment le pq les feministes ne défendent pas les classes ouvrières. Je pense, et je peux me tromper, qu’une actrice d’Holluwood qui partage sa vie entre champagne, diamants et hôtels de luxe ne connait absolument pas les réalités des secrétaires abusees par leur patron, et si elle le faisait, nul doute qu’on leur reprocherait de critiquer toit en restant bien au chaud…Ça n’invalide pas je pense la justesse de leur cause pour autant, les femmes devraient être payées comme les hommes (selon leur expérience et l’importance de leur rôle, leur temps d’apparition sur l’écran etc…) que ce soit au cinéma ou au poste à frites à Mc Do.

    Vous dîtes ne pas être contre leur combat et pourtant, vous multipliez les termes discréditant leur engagement en le réduisant à un effet de mode (« Surfer sur la vague ») et qualifiant leurs griefs de pleurnicheries…Dans ces conditions, vous conviendrez que vous pouvez difficilement prétendre être sans jugement.

    Pour ce qui est de la démagogie, je n’appellerais pas cela comme ca. Je pense que nous sommes tout simplement plus sensibles aux minorités et c’est plutôt positif. Effectivement, le Seigneur des Anneaux aurait été censuré et je hais cette trilogie pour les mêmes raisons. Vous dîtes avoir deux filles mais justement, souhaitez vous qu’elles grandissent dans un monde où les seuls modèles qu’on leur proposent au cinéma et dans la fonction sont un vulgaire second rôle pâle et dénué d’intérêt ? La fiction peut influer sur l’image que nous nous faisons du réel et c’est là tout le problème…Comment voulez vous que les rôles changent quand dans Star Wars on voit Han Solo embrasser de force Leia alors qu’elle lui dit non et qu’elle le repousse ? Il m’apparaît que lorsqu’on grandit dans ce bouillon de préjugés, il est compliqué de se construire une image respectueuse des femmes…

    Vous vivez cette démagogie comme une contrainte et je pense que c’est pour cela qu’elle vous agace, je pense que c’est une opportunité de réinventer les rôles dans la fiction. Encore une fois, je ne pense pas que ce soit un mal. En tant que femme, j’ai grandi dans une fiction misogyne peuplée de personnages féminins qui brillaient souvent par leurs absence, le peu qui apparaissait étaient souvent sans intérêts. Je peux vous assurer qu’à chaque nouveau film où l’on voit encore une fois une femme violée pour le plus grand plaisir des téléspectateurs comme vous le critiquez à très juste titre ou a chaque nouveau livre que je lis qui ne parvient pas à me toucher car ses personnages féminins sont bêtes, soumis et faibles, c’est un nouveau crachat dans la figure que je prends en tant que femme. Pour ces raisons, je pense que c’est une bonne chose d’avoir cette restriction sur la liberté artistique. Il faut respecter la sensibilité des minorités…Ou assumer les critiques.

    Et pour ce qui est du Moyen-Âge, je pense qu’il ne fait pas trop se le représenter comme un temps obscur aux femmes, c’est en partie faux. Elles jouissaient en réalité d’une certaine liberté. Prenez l’exemple des « Pilliers de la Terre » ou de la suite « un monde sans fin » les femmes y sont très bien dépeintes et pourtant le roman respecte la réalité historique mais on trouve tout de même bcp de femmes, toutes variées. La science fiction n’est malheureusement pas si différente de la norme, parlons de Star Wars, ou encore de « Un bonheur insoutenable » dans lequel une femme se fait violer avant…d’épouser son violeur après lui avoir dit qu’elle comprenait et qu’elle aurait fait la même chose ! Pas vraiment un exemple en terme d’égalité…Et je ne pense pas que les stéréotypes soit une fatalité dans les romans ou plutôt, ils sont excusables si l’œuvre de l’éditeur dispose de contre exemple. On ne peut pas faire que des personnages féminins hyper forts qui veulent calquer les hommes et défoncer des portes à mains nues, c’est ridicule et je suis bien d’accord avec vous sur ce point, mais sans doute est il possible d’enfin inclure des femmes indépendantes qui réfléchissent et prennent leur destin en main ? J’en ai vu dans la vraie et je vous assure que ça existe !

    Libre a vous cependant d’avoir votre opinion sur la question, je la respecte même si je suis en total désaccord. Mon intention n’était pas de lancer un débat qui vous importune peut être mais seulement de réagir sur une phrase qui ne passe décidément pas. Le peu que j’ai vu de votre pensée ne me permet pas reellement de vous compter parmi les défenseurs des femmes comme vous le dites mais encore une fois, je ne vous connais pas et ne peux que vous juger sur quelques phrases sans ton ni contexte…

    Il ne me reste plus rien à ajouter excepté que je m’excuse encore une fois si j’ai réagi un peu vivement, loin de moi l’idée de vous agresser.

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    1. Eh bien! Il y a décidément une incompréhension et je ne parviens pas à m’expliquer. Evidemment que je parle pas de l’affaire Weinstein qui est horrible, mais bien d’autres actrice, comme Brie Larsen, qui généralise trop en vomissant leur haine. C’est agaçant.
      Je respecte également votre point de vue qui me semble juste un peu trop sombre. Il y a tant d’œuvres qui ne font pas de cas des genres comme L’étoile de Pandore en SF qui est un modèle d’équité (et non d’égalité biologique comme je l’entendais).

      Je ne suis pas féministe et vous l’êtes. Il est donc logique que le terme défenseur des femmes vous gêne. Il était d’ailleurs mal choisi, car je suis défenseur de toutes celles et ceux qui assument en pleine conscience leurs actes et leur nature. Il est trop facile de se cacher derrière le sexe, l’orientation sexuelle, les origines ethniques, l’âge ou toute autre fait pour justifier un échec et un manque de réussite. Même s’il est vrai que nous ne naissons pas tous avec les mêmes chances. Pour ma part, je pourrais justifier que mon heure de gloire littéraire n’est pas venue, parce que je n’ai pas les bons contacts ou que je vis pas sur Paris pour bénéficier des cercles d’auteurs. Mais je sais, en pleine conscience, que la talent et le travail manque encore (à venir, j’espère…). J’éduque justement mes filles en ce sens en leur expliquant que les seules barrières qui existent dans la vie sont celles qu’on érige nous-mêmes.
      Près de chez moi, je connais plus de femmes cheffe d’entreprises que d’hommes et aucune de mes amies n’a vécu de sexisme sur leur lieu de travail. Je ne vis pas dans un Eden, je vous rassure.

      Votre avis est éclairé et très intéressant. Pour clore ce débat instructif, je pense juste que nos expériences de vie influencent grandement notre jugement ce qui provoque irrémédiablement un désaccord. Car en définitive, la vie n’est qu’une question de point de vue.

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  4. Oui, c’est indéniable…Je regrette de ne pas parvenir à m’expliquer, je pense que cette incompréhension est au cœur des divergences hommes/femmes mais je suppose que comme vous le souligniez, il n’est pas tjrs possible de parvenir à un consensus dès lors que nos expériences et nos points de vue différent à ce point, d’autant que je ne connais pas l’actrice que vous mentionnez ni le livre, si je le lis je reviendrais vous dire ce que j’en pense !

    Pour ma part, je pense malheureusement que la plupart des barrières nous sont imposées, même celle que nous nous étions nous même…Ce qui fait la force des classes dominantes et de leurs enfants, c’est aussi la capacité à croire que tout est possible car il y a tjrs pour eux une combine, une stratégie familiale ou une connaissance à qui s’adresser…Et même lorsqu’ils ne dépendent que d’eux, leur capital de confiance en eux mêmes est largement déterminée par leur milieu de même que leur capacité à rebondir. Peut être qu’à l’inverse de vous, j’adhère trop à cette dynamique qui consiste à se trouver des excuses. Je n’ai pas lu votre travail et je n’ai aucune raison de penser qu’il n’est pas de bonne qualité, je pense cependant que c’est énormément une question d’opportunités et de contacts. Quand vous prétendez manquer de talent, vous reproduisez peut être sans le savoir une sorte d’auto censure. Bien des écrivains ne mérite pas les éloges dont on les couvre, ils ont juste eu les bons contacts, les bons milieux…

    Je ne peux que vous souhaitez bon courage dans votre travail, j’appréciais lire ce que vous faites pour me rendre compte par moi même peut être de ce que vous considérez être un personnage féminin fort. Merci en tout cas pour cette brève discussion. Au plaisir d’échanger de nouveau avec vous…

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